Penelopegate et présidentielles .... par Alain Brunet président chambre honoraire à la Cour des Comptes

J'ai comme vous été  assommé par la cataracte médiatique du Penelopegate.
Mais ensuite j'ai  enquêté et réfléchi. Voici quelques éléments à cet égard.
S’ils vous  paraissent valables, vous pouvez les faire circuler.
Amitiés à tous, Antoine Brunet

Je n’épiloguerai  pas dans cette note sur l’aspect médiatique des choses, que chacun connait  puisque c’est l’essentiel de ce que traitent les médias.
La présente note vise  au contraire à tenter d’analyser et d’éclaircir le fond du  dossier

. y a-t-il emploi  fictif?:
A mon avis non: c'est  impossible pour plusieurs raisons, l'accusation ne tient  pas.
 
     . d'abord est-ce que Pénélope a réellement travaillé ?
La réponse est  nécessairement oui. M Fillon, comme tous les députés, ne peut pas travailler  sans assistant parlementaire, dont le rôle est à la fois divers et très  chargé: suivre l'actualité, préparer des notes de synthèse ou des dossiers sur  des sujets complexes, préparer les discours amendements et interventions à  l'Assemblée, recevoir l'énorme courrier d'un parlementaire et rédiger les  réponses, écouter les solliciteurs, représenter le député localement quand il  est indisponible, préparer l'emploi du temps et suivre les rendez-vous et  déplacements, ...
 
Bref, il faut  quelqu'un de fort calibre et ayant du temps disponible. C'est un travail qui  relève du niveau "Administrateur civil" de la fonction publique.
J'ai fait du  Cabinet ministériel, je n'ai jamais autant travaillé.
 
Or à aucun moment le  Canard n'a dit: "le travail était fait en réalité par Mr X, Mlle Y et Mme Z,  donc pas par Pénélope". C'était pourtant le seul moyen de prouver que  Pénélope n'aurait rien fait. Et à ma connaissance, personne n'a cité le nom  d'autres assistants parlementaires que Mme Fillon. Si donc elle était bien la  seule, comment imaginer qu'elle n'ait pas fait le travail ? Comment le député  Fillon aurait-il pu fonctionner ?
Ainsi l'accusation  d'emploi fictif paraît peu vraisemblable.
 
     . ensuite, même si Pénélope n'avait pas travaillé, y aurait-il détournement  de fonds publics ?
La réponse est non,  car jusqu'en 2012, les fonds concernés étaient privés : personne n'obligeait M  Fillon à dépenser son enveloppe destinée à payer un ou plusieurs assistants.  Il pouvait garder les fonds entièrement pour lui, leur emploi était totalement  libre. Une fois ces fonds arrivés sur son compte bancaire, il en avait la  libre disposition. C'était des fonds privés, comme son salaire de  député.

Donc il ne pouvait y  avoir détournement, puisque le parlementaire en avait le libre emploi,  sans avoir à en rendre compte à personne.
Et encore moins de détournement de  fonds publics, puisque ces fonds étaient privés.
 
Ce régime de libre  utilisation des fonds a cessé fin 2012. Depuis 2013, les sommes non utilisées  à payer un ou plusieurs assistants parlementaires reviennent à l'Assemblée. A  partir de cette date les fonds sont "fléchés", leur nature est un peu  différente. Ne cherchons pas à en dire davantage, puisque les faits sont  antérieurs à ce changement de régime : à partir de 2013 Mme Fillon a cessé  d'être rémunérée par son mari. M Fillon a expliqué qu'il avait cessé de le  faire parce qu'il avait senti monter la réprobation publique contre ces  emplois familiaux, pourtant légaux, et que, pour tenir compte de cette  inflexion de l'opinion, il avait pris d'autres personnes pour remplacer son  épouse.
 
Ainsi la qualification  de détournement de fonds publics ne peut être retenue.
 
. si enfin cette  qualification était néanmoins retenue, l'auteur des faits pourrait-il être  poursuivi en justice ?
La réponse est non car  les faits sont trop anciens. De tels "délits" (emplois fictifs, détournement  de fonds publics) se "prescrivent" par trois ans. Après trois ans on ne peut  plus les poursuivre. Or les faits remontent largement à plus de trois ans.  Rien que pour ce motif la procédure diligentée à grand fracas contre Fillon  est "bidon". Si la PJ avait été honnête, elle aurait refermé le dossier en  24 heures en disant: les faits sont prescrits et ne peuvent plus être  poursuivis. Et on n'en parlait plus.
 
Au lieu de cela, elle  fait durer l'affaire, sans aucune chance d'aboutir, ni sur le fond ni sous  l'angle de la prescription, uniquement pour ternir la réputation du candidat  qui apparaissait bien placé pour gagner l'élection, et dégoûter les électeurs  de voter pour lui.
 
     . passons à présent au plan moral, qui est celui qui est le plus retenu  par le public et le plus "lourd à porter" :
 
Y a-t-il eu népotisme  ?
Oui au sens littéral.  Mais cette situation est légale, organisée et encadrée par les assemblées  parlementaires. Plus de 100 parlementaires emploient des membres de leur  famille comme assistants parlementaires, sans que personne n'y ait trouvé à  redire. Cette pratique est sans doute regrettable, mais on ne peut en  accuser M Fillon sans devoir en accuser aussi les autres parlementaires qui  sont dans le même cas et sans ouvrir une enquête judiciaire à leur encontre.  Ce que ni les médias ni la justice ne font.
 
Y a-t-il eu  rémunération abusivement élevée ?
La réponse est non,  les rémunérations pratiquées sont normales : il convient pour  les apprécier de considérer la totalité de la période dénoncée par les médias. 
Si on rapporte ces salaires "énormes", aux quelque 25 ans de mandat de  député ou sénateur (hors périodes de poste de ministre), ils ont été en  moyenne autour de   2 400 euros nets par mois.
 
Ce montant est à  comparer à la rémunération mensuelle d'un Administrateur civil (= catégorie  A), qui va de 2 100 euros bruts en début de carrière à 3 600 euros (et davantage pour  le hors classe, le hors échelle…) sans les primes qui s’y ajoutent, et qui  sont en moyenne de 20% du traitement brut. On peut comparer le net de Pénélope  au brut d'un administrateur sans les primes.
 
Un assistant  parlementaire a été interrogé à la TV, pour savoir si la rémunération de  Pénélope était excessive. Il a répondu que si cela avait été lui l'assistant  de Fillon, pendant toute la période en question, cela aurait coûté plus cher  que les sommes énoncées par le Canard enchaîné. Je l'ai vu et entendu  moi-même.
Ceci n'a été repris  par aucun média.
 
Pour résumer  :
. le travail  d'assistant parlementaire a bien dû être fait par quelqu'un, et si ce n'est  par Pénélope, par qui d'autre a-t-il été fait ? Il n'y a pas d'emploi  fictif.
. les fonds, à  l'époque des faits étaient d'emploi libre et, par conséquent, n'étaient pas  des "deniers publics", mais des fonds privés. Il ne peut y avoir de "  détournement de fonds publics"
. les faits allégués  sont prescrits et ne peuvent être poursuivis. Il ne peut y avoir d'enquête de  police et encore moins de mise en examen.
. l'emploi de membres  de la famille est légal et largement pratiqué par des parlementaires de tous  bords, dont aucun n'est poursuivi,
. les rémunérations  étaient normales pour le poste concerné.
 
Tout ceci montre qu'on  est devant une bulle médiatique doublée d'un détournement de  procédure par l'autorité publique, consistant à faire durer une  enquête judiciaire "bidon", dans le seul but de persuader une opinion non  informée que les faits étaient immoraux et délictueux, afin de fausser  l'élection présidentielle.
 
S'agissant des médias,  rien de surprenant. On se souvient que lors de l'élection de Hollande, les  médias s'étaient entendus pour réaliser chacun de leur côté un " vote blanc"  anonyme de leurs personnels, reproduisant celui qu'ils avaient émis pour le  scrutin réel. Résultat : 85 % avaient voté Hollande.
 
S'agissant des  pouvoirs publics, rien d'étonnant non plus quand on connaît le respect de la  gauche pour la légalité, la présomption d'innocence et la  moralité.
 
Alors, pour qui voter  ?
Procédons à la revue  des choix possibles :
 
. à l'extrême  gauche, Mélenchon, le candidat du "peuple".
Son programme  économique est désastreux, fondé sur le gonflement du smic et des prestations  sociales, le recrutement massif de fonctionnaires, le matraquage fiscal, la  fermeture des frontières et le reniement de la dette publique. Ce programme  est idéal pour accélérer les délocalisations des entreprises comme des hommes  et femmes ayant reçu une instruction supérieure, c'est à dire pour vider le  pays de sa substance.

Et pour financer tout  cela, on répudierait nos dettes (les banquiers n'avaient qu'à pas nous  prêter, c'est de leur faute ! Sic) et on emprunterait à la Banque de  France.
 
Ce programme est  inspiré de celui de Hugo Chavez au Vénézuela, qui a fait en peu d'années de ce  pays prospère, assis sur un immense gisement de pétrole, un des pays les plus  pauvres du monde. La fermeture des frontières françaises par des droits de  douane élevés est un suicide collectif, quand on sait que la part du commerce  extérieur est d'à peu près la moitié du PIB. En même temps, c'est la hausse  assurée des prix intérieurs du fait des droits de douane, de l'inflation dûe  aux emprunts à la Banque de France (interdits par les règles européennes,  donc, sortie de l'Europe), de la perte de compétitivité, sans compter les  mesures de rétorsion inévitables du reste du monde envers  nous.
 
Bref, évitons  Mélenchon.
Au plan moral,  rappelons-nous que l'intéressé s'est déclaré opposé à ce qu'on demande aux  candidats de publier leurs revenus, parce que son patrimoine est de plusieurs  millions et qu'il gagne environ 30.000 E par mois en tant qu'élu cumulant  plusieurs mandats.
 
. puis M  Hamon.
Sa semaine de 32 heures approfondira la chute de la  compétitivité de nos entreprises, comme l'ont fait les 35 heures, cependant  que le "revenu universel", qui coûterait chaque année autant que tout le  budget de l’État, ne peut être financé qu'en doublant tous les impôts (la TVA  à 40 % par exemple) ou en s'endettant comme la Grèce.
 
La France irait tout  droit sous la tutelle du F M I, comme en 1958, situation dont nous a tirée  l'arrivée de de Gaulle, remettant tout en ordre, et ouvrant le pays sur le  monde pour le faire repartir.
 
Donc, évitons M.  Hamon.
Au plan moral,  jusqu'ici aucune "casserole"  n'a été détectée contre lui, à ma connaissance. 
Mais il y a plus grave, c'est la destruction par son programme de ce qui reste  de la "valeur travail " déjà mise à mal par les 35 heures.
 
. puis M  Macron.
On attend son  programme. Le peu qu'il en ait exposé consiste à créer de nouvelles dépenses.  Il ne prend parti sur rien, ou, quand il le fait, c'est pour renier ce qu'il a  défendu comme ministre. Il se présente comme le candidat de la rupture et du  renouveau, alors qu'il regroupe sous son aile l'essentiel des ministres de M  Hollande. Bref, M Macron, c'est le nouveau Hollande.
Si on est satisfait du  bilan de M Hollande, alors il faut voter Macron.
 
Au plan moral, pas un  mot sur la gangrène islamique qui est devenue la préoccupation N° 1 des  français, et qui fait le lit de Mme le Pen.
Rappelons en outre que  M Macron a consommé en huit mois 80 % des frais de représentation de Bercy,  dont une partie semble l'avoir été pour des fins électorales personnelles,  sans qu 'aucune enquête judiciaire n'ait été ouverte pour le laver de ce  soupçon.
 
. Mme le Pen  :
c'est le mariage des extrêmes, de gauche et de droite : son  programme économique est d'extrême gauche, c'est celui de M Mélenchon (voir  ci-dessus), motif pour lequel, d'ailleurs, au Parlement européen le Front  national s'est vu refuser sa demande d'adhésion au groupe d'extrême  droite.
 
Son programme  monétaire est la sortie de l'euro, par création d'un euro français dont la  valeur sera déterminée souverainement par l'Etat et avec lequel seraient  remboursés les emprunts publics (NB : ceux-ci sont libellés pour l'essentiel  en vrais euros ou en dollars, et sont détenus pour les deux tiers par des  étrangers): on rêve ? On va vers des dévaluations en chaîne, dues à la perte  de compétitivité des entreprises. Personne ne voudra de notre euro national.  Personne ne voudra plus de nos emprunts publics.
 
Elle promet de fermer  les frontières à l'immigration et aux marchandises et d'expulser les étrangers  en situation irrégulière. C'est la politique de la Ligne Maginot et du  recroquevillement national. Elle croit sans doute qu'en agissant ainsi elle  empêchera les élites et les capitaux de fuir le pays pour aller créer des  entreprises ailleurs et qu'elle encouragera les investissements étrangers chez  nous.
 
Son programme  budgétaire consiste à s'affranchir des règles d'équilibre de Maastricht. On  fera le déficit qu'on voudra, financé par la Banque de France, enfin libérée  des contraintes européennes, redevenue « souveraine . Vive la "planche à  billets" et les nouveaux "assignats" 

Le Pen  c'est le nationalisme + le socialisme. Ça a un nom, qu'il ne faut pas  prononcer, parce qu'il rappellerait de mauvais souvenirs.
 
Donc, évitons Mme le  Pen.
Au plan moral,  pour se limiter à l'actualité récente, rappelons que Mme le Pen doit  personnellement 350.000 E au Parlement européen, pour avoir pris son concubin  comme attaché parlementaire, ce qui est interdit à Bruxelles, et avoir fait  financer sa campagne en France par les fonds européens. Elle refuse de  rembourser ces sommes et fait donc l'objet de poursuites judiciaires de ce  chef. Ceci ne semble émouvoir personne.
 
Alors, il reste qui,  si on veut sortir du Hollandisme sans tomber encore plus  bas
 
Il reste M Fillon, le  seul à présenter un programme complet et cohérent de redressement du  pays appuyé sur une force de caractère capable d'en assurer la mise en  œuvre.

Et on irait douter de  lui et du programme de redressement de la France au motif qu'il fait l'objet  d'une campagne mensongère de la part des « immobilistes », profiteurs du statu  quo, qui creusent des trous dans le bateau pour s'amuser un peu, en se fichant  pas mal de le faire couler !
 
Mais où avons-nous la  tête ? Nous voulons voter pour tous ces marchands d'illusions qui nous conduiront à ce que sont devenus la Grèce ou le Vénézuela (sans compter l’Argentine, Cuba et bien d'autres) ?
Ou alors allons-nous  nous abstenir courageusement, pour ne pas avoir à choisir, en nous cachant la  tête dans le sable pour ne pas voir ce qui va nous arriver ? 
 
Allons donc !
Personnellement, je n’ai pas d'états d'âme. Je voterai Fillon, et je le ferais même s'il était fautif.

Car mieux vaut un fautif qui sauve le pays qu'un candidat bien propre qui le conduise au précipice.

Sans compter que par les temps qui courent, les candidats bien propres ne sont pas légion. Après tout, ni Colbert, ni Mazarin, ni Napoléon, ni Talleyrand, ni Clémenceau, ni la plupart des grands hommes d’Etat qui ont œuvré pour le bien du pays, n’étaient de petits saints, malgré  ce qu’ils s’efforçaient de paraître.
 
C’est pourquoi je  voterai Fillon et je le fais savoir autour de moi pour redonner du courage à  ceux qui doutent.


La communication initiale de Fillon a été faible, c'est à nous de prendre le relais.
 
Je vous ai aidé à y voir clair ?
 

Antoine  Brunet

Le 19 février 2017

 

 

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