Azerbaidjan : graves soupçons de corruption au Conseil de l'Europe

D'après le second rapport de l'ESI -European Stability Initiative- dont la publication remonte au 17 décembre 2016, ce sont 5  parlementaires du Conseil de l'Europe  qui sont suspectés de corruption et de collusion avec l'Azerbaïdjan.

Parmi eux, le sénateur espagnol Pedro Agramunt qui n'est ni plus ni moins que l'actuel président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Interrogé par le site hispanique Valencia Plaza, le 22 décembre 2016, Pédro Agramunt a, pour sa part, démenti toute implication dans cette affaire.

Outre le nom d'Agramunt, le député italien Luca Volonté (Parti démocrate-chrétien) est également mis en cause pour être au cœur d'un réseau de soutien au régime de Bakou. Très proche de deux parlementaires azerbaïdjanais élus au sein de l'APCE, Elkan Suleymanov (anciennement lobbyiste au de l'Union européenne) et Muslum Mamadov, Luca Volonté a, quant à lui, récemment reconnu avoir reçu illégalement plus de deux millions d'euros pour avoir "donné des conseils agricoles" au régime Aliyev... Une enquête est actuellement en cours en Italie.

"La diplomatie du caviar"

Selon le rapport de l'ESI, le système de corruption mis en place par l'Azerbaïdjan vise à donner une image plus favorable du pays au sein du Conseil de l'Europe. Pour ce faire, Bakou a mis en place ce que l'ESI a appelé  "la diplomatie du caviar" ; fort de ses ressources énergétiques, l'Azerbaïdjan achète le soutien de parlementaires clés par le biais, notamment, d'argent en espèce, de prostituées, de présents luxueux (caviar, tapis de soie, Macbooks, smartphones, montres etc.). Cet Etat autocratique et autoritaire du Caucase du Sud serait même parvenu à infléchir les positions sur les droits de l'homme de cette institution européenne qui en est justement la garante...

De nombreux pays européens suspectés...

Nombre de pays européens sont à ce jour concernés par ces suspicions de corruption. En cause, les parlementaires suivants : les espagnols Jordi Xuclà et Pedro Agramunt, les britanniques Michael Hancock et Robert Walker, le polonais Tadeusz Iwinski et l'italien Luigi Vitali. Mais aucun ne semble véritablement inquiété et, encore moins, poursuivi...

Une nécessité : rétablir la crédibilité des institutions européennes

Souhaitant placer les instances européennes devant leurs responsabilités politiques, l'ESI invite à la création d'une commission spéciale afin d'enquêter sur ces allégations de corruption au sein du Conseil de l'Europe ; elle appelle également les bureaux des procureurs de France, d'Espagne, d'Allemagne et de Grande Bretagne à coopérer sur la procédure judiciaire en cours en Italie.

Le 30 janvier 2017

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