Somme : Le mémorial national australien de Villers-Bretonneux

CapturetEn 1916, le département de la Somme est devenu un espace mondial, point de rencontre d’une vingtaine de nationalités venues combattre ou travailler aux côtés des trois empires belligérants -France, Allemagne et Grande-Bretagne-. L’internationalisation ne cesse pas avec les combats en 1918, elle se poursuit avec les objets souvenirs rapportés par des millions d’hommes et une mémoire de guerre encore vivante aujourd’hui au travers de pèlerinages et de monuments commémoratifs. À l’inverse du duel franco-allemand de Verdun qui eut lieu la même année, la spécificité de la Somme est qu’elle fut le symbole d’une guerre internationale. Trois millions de soldats s’affrontèrent sur un front de 45 kilomètres. L’Australie, comme tous les autres pays de l’empire britannique, se range aux côtés de la “mother country” dès le début des hostilités en août. Ainsi naît l’Australian Imperial Forces -A.I.F-, commandée par le général britannique Birdwood uniquement composée de volontaires.

Avec ses voisins de Nouvelle-Zélande, cette force, en route pour le front, constitue alors le fameux Australian and New Zealand Army Corps ou "ANZAC", dont la première mission d’importance consiste, avec les Français, les Britanniques, les Terre-Neuviens et les Indiens, à mener une offensive contre la Turquie, alliée de l’Allemagne -débarquement le 25 avril 1915 sur la péninsule de Gallipoli-.

La première intervention sanglante en France a lieu à Fromelles dans le Nord le 19 juillet 1916 dans le but de faire diversion à l’offensive franco-britannique lancée le 1er juillet sur la Somme. Arrivés le 23 juillet à Pozières, les Australiens ont pour objectif de “déverrouiller” Thiepval.

Après de furieux combats -"Gibraltar","Moulin à Vent"-, ils se rendent maîtres du village mais échouent devant la Ferme du Mouquet où les canadiens les relèvent le 5 septembre 1916. Envoyés au repos après Pozières, les "Diggers" reviennent dans la Somme en octobre dans le secteur de Flers-Gueudecourt et subissent un hiver exceptionnellement rigoureux.

La Bataille de la Somme ayant cessé à la mi-novembre, ils prennent leur quartier d’hiver comme les britanniques, français et les allemands.

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Les australiens sont de retour en 1918 lors de la grande offensive allemande qu’ils tentent d’arrêter à Sailly-le-Sec le 28 mars, à Villers-Bretonneux le 4 avril, à Dernancourt le 5  mais ils s’illustrent en l’arrêtant définitivement à Villers-Bretonneux le 25 avril, date du 3e anniversaire de Gallipoli !

La contre-offensive alliée, "jour de deuil" de l’armée allemande, commence le 8  août ; les australiens libèrent le territoire depuis Villers-Bretonneux jusqu’à Montbrehain dans le département de l'Aisne, après avoir libéré le 2 septembre et enfoncé, aux côtés des Amiénois, la ligne Hindenburg à Bellenglise dans l'Aisne et au tunnel du canal de Saint-Quentin. Ils partent en repos en octobre, ne se doutant pas que l’armistice serait signé un mois plus tard.

La participation de l’Australie à la Grande Guerre fut un élément fondateur dans l’histoire de cette jeune nation, jusqu’alors dominion britannique. Elle a même été déterminante dans son accession à l’indépendance.

L’histoire, la venue annuelle de l’ambassadeur pour la commémoration de l’ANZAC Day au mémorial national australien et les visites de très nombreux australiens tout au long de l’année ont donné à Villers-Bretonneux en Australie une aura qu’il est difficile d’imaginer ici.

Les liens qui unissent l’Australie à la Somme sont forts et indestructibles. Villes et villages d’Australie portent le nom de communes de la Somme, en souvenir de cette Grande Guerre et en hommage aux gardiens de la mémoire. 

 

 

 

Le mémorial national australien de Villers-Bretonneux  

Dessiné par l’architecte Sir Edwin Lutyens et inauguré le 22 juillet 1938 par le roi George VI d’Angleterre et la reine Elizabeth, cet imposant monument est le dernier des grands mémoriaux de l’Empire britannique et du Commonwealth de la Première Guerre mondiale à être construit sur le front occidental.

Ce mémorial de pierre blanche et de brique, précédé d’un cimetière du Commonwealth, le Villers-Bretonneux military cemetery, se compose d’une haute tour centrale reliée aux deux pavillons d’angle par de simples murs sur lesquels sont inscrits les noms d’environ 11 000 soldats australiens morts pour la France, disparus ou n’ayant pas de sépulture connue.

Depuis le sommet de la tour, on peut voir la campagne environnante de la Somme en direction d’Amiens et de sa cathédrale, que les troupes de l’AIF - la Force impériale australienne - aidèrent à défendre en 1918. Une table d’orientation circulaire y indique à l’aide de flèches les autres champs de bataille australiens sur le front occidental et la direction de Canberra capitale de l'Australie.

En bas de l’escalier, une grande plaque au mur comprend une carte du front occidental et l’emplacement des cinq monuments aux morts dédiés aux divisions australiennes en France et en Belgique : 1re Division, Pozière ; 2e Division, Mont St-Quentin ; 3e Division, Sailly-le-Sec ; 4e Division, Bellenglise ; 5e Division, bois du Polygone, Belgique.Capturez

Le Centre Sir John Monash ouvrira ses portes en avril 2018 pour raconter l’histoire des soldats australiens sur le Front occidental en France et en Belgique durant la Première Guerre mondiale. Plus de 295 000 australiens servirent sur le Front Occidental entre 1916 et 1918 ; 132 000 d’entre eux furent blessés, 46 000 perdirent la vie. Élément phare du Chemin de mémoire australien, le Centre portera le nom du Général Sir John Monash qui mena les forces australiennes sur le Front occidental en 1918, notamment lors de la fameuse victoire du 4 juillet 1918 à Le Hamel, dont la stratégie devint par la suite un modèle pour les futures opérations militaires.

Le cœur du Centre proposera une expérience immersive au travers d’une technologie multimédia de pointe, inédite parmi les lieux de mémoire du Front occidental. Générateur d’une expérience sensorielle et instructive en anglais, français et allemand, le parcours interactif sera complété par des objets d’époque ayant une résonance particulière pour les australiens.

Le Centre permettra aux visiteurs de mieux comprendre le rôle joué par l’Australie sur le Front occidental ainsi que l’impact de la guerre et les lourdes pertes subies par cette nation encore émergente. 

 John Monash 

John Monash, né le 27 juin 1865 à Melbourne et décédé le 8 octobre 1931 à Melbourne, est un major général australien de la Première Guerre mondiale.Capture r À la déclaration de guerre en 1914, il prend le commandement de la 4e brigade d’infanterie de l’AIF, une des composantes des célèbres troupes australo-néozélandaises de l’Australian and New Zealand Army Corps en Egypte.

Après la campagne de Gallipoli où, d’avril à décembre 1915, les troupes de l’Anzac subissent de lourdes pertes, le major général Monash rejoint le front occidental en 1916.

À la tête de la 3e division, il mène ses hommes à la victoire lors de l’assaut pour la crête de Messines en Belgique en 1917 puis lors des combats de la troisième bataille d’Ypres à la Bataille de Passchendaele en 1917 également.

Lieutenant général, commandant le corps des troupes australiennes en mai 1918, il dirige l’offensive victorieuse de juillet lors de la bataille du Hamel, importante en raison de l’innovation des tactiques utilisées. Le 31 août 1918, il conduit la 2e division australienne à la victoire lors de la bataille du Mont-Saint-Quentin qui libère la ville de Péronne le 1er septembre.

Une galerie d’immersion, des espaces d’exposition, une salle polyvalente, un café/librairie et une mezzanine composée de salles de réunion et de bureaux, seront construits sur une superficie de près de 1 600 m² sur 3 étages. Les 100 000 visiteurs attendus pourront, à la fois vivre une expérience multimédia dans les différentes zones interactives destinées aux jeunes générations, et se recueillir sur le parvis et sur le chemin de retour à travers la prairie.

Imaginé par les cabinets d’architecture COX basé à Sydney en Australie  et JLA basé à Paris en France, dans un style monumental, le centre d’interprétation sera en partie enterré pour rappeler les tranchées de la Grande Guerre, et disposera d’un toit végétalisé.

Pour marquer les esprits, ce lieu de mémoire sera façonné avec des matériaux nobles : béton blanc architectonique, habillages muraux en bois des 8 régions -6 états et 2 territoires- d’Australie, bronze massif pour les ouvrages métalliques intérieurs et la bordure de toit.

Le parvis, un escalier aux dimensions imposantes ainsi que de nombreux murs seront par ailleurs habillés de granit et de marbre de très grande qualité.

Le 10 juillet 2017

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