Portugal : 13 mai 1917 / 13 mai 2017

13 mai 1917, il y a 100 ans aujourd'hui, en pleine Première Guerre mondiale, la Vierge Marie apparaît dans un village du centre du Portugal à trois jeunes bergers : Francisco, Jacinta et Lucia. Entre mai et octobre de la même année, les enfants assistent ensemble à six apparitions au cours desquelles Notre Dame de Fatima transmet un message essentiel, rapidement diffusé au monde entier.

Trois jeunes bergers au Portugal. Alors que la guerre fait rage en Europe depuis l’été 1914, le Portugal, pays fortement catholique mais dominé par un gouvernement anticlérical depuis 1911, n’entre dans le conflit aux côtés de la Triple-Entente (France, Royaume-Uni, Russie) qu’en mars 1916. Si le pays envoie en France un contingent de plus de 50 000 soldats, les affrontements ne touchent pas le sol portugais. Le pays reste largement rural et peu cultivé. Dans la petite paroisse de 200 habitants de Fatima, dont le nom vient d’une Arabe musulmane convertie au catholicisme au Moyen Âge, à 170 km au nord de Lisbonne, les enfants passent plus de temps auprès des troupeaux qu’à l’école. Parmi eux, figurent Lucia de Jesus dos Santos née le 22 mars 1907, son cousin Francisco Marto né le 11 juin 1908 et la sœur de celui-ci, Jacinta Marto née le 11 mars 1910, qui gardent souvent les moutons au lieu-dit la Cova da Iria.

Trois jeunes bergers au Portugal. Alors que la guerre fait rage en Europe depuis l’été 1914, le Portugal, pays fortement catholique mais dominé par un gouvernement anticlérical depuis 1911, n’entre dans le conflit aux côtés de la Triple-Entente (France, Royaume-Uni, Russie) qu’en mars 1916. Si le pays envoie en France un contingent de plus de 50 000 soldats, les affrontements ne touchent pas le sol portugais. Le pays reste largement rural et peu cultivé. Dans la petite paroisse (200 habitants) de Fatima, dont le nom vient d’une Arabe musulmane convertie au catholicisme au Moyen Âge, à 170 km au nord de Lisbonne, les enfants passent plus de temps auprès des troupeaux qu’à l’école. Parmi eux, figurent Lucia de Jesus dos Santos (née le 22 mars 1907), son cousin Francisco Marto (né le 11 juin 1908) et la sœur de celui-ci, Jacinta Marto (née le 11 mars 1910), qui gardent souvent les moutons au lieu-dit la Cova da Iria.

Lange du portugal

Premiers phénomènes surnaturels Dès 1915, les enfants vivent des apparitions. C’est d’abord Lucia, accompagnée de deux amies, qui voit un ange silencieux sur la colline du Cabeço. L’année suivante, le même ange apparaît trois fois à Lucia, Francisco et Jacinta. Au printemps, il se présente comme "l’Ange de la paix" et leur enseigne la prière suivante : "Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne vous aiment pas." Pendant l’été, près d’un puits, il se présente comme "l’Ange du Portugal", et demande aux enfants de prier beaucoup et de pratiquer de nombreux sacrifices pour la réparation des péchés et la conversion de ceux qui les commettent. Enfin, à l’automne, l’ange fait communier miraculeusement les enfants avant de leur donner la prière suivante : "Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs."

La première apparition le 13 mai. Ces premières visites étaient destinées à préparer les enfants aux apparitions de la Vierge Marie elle-même. Lucia a alors 10 ans, Francisco bientôt 9 ans et Jacinta 7 ans. Le 13 mai 1917, vers midi, apparaît une lueur dans le ciel, puis une dame rayonnant de lumière, vêtue de blanc, tenant dans sa main droite un chapelet. Elle avertit de ses intentions pacifiques ("N’ayez pas peur, je ne vous veux pas de mal"), révèle qu’elle vient du Ciel et demande aux enfants de revenir ici 6 fois de suite, tous les 13 du mois. Lucia pose des questions et apprend que tous trois iront au Ciel un jour, mais que Francisco devra d’abord réciter beaucoup de chapelets. La Dame enseigne enfin aux enfants à s’offrir à Dieu en réparation des péchés et à souffrir en réparation et pour la conversion des pécheurs. Malgré sa promesse, Jacinta parle de l’apparition et s’attire les moqueries des villageois et l’incrédulité du curé.

La deuxième apparition le 13 juin Un mois plus tard, la Dame est au rendez-vous. Une grande clarté apparaît devant 50 personnes venues par curiosité, sur les dires de Jacinta, mais seuls les enfants aperçoivent la Sainte Vierge. Celle-ci leur demande de réciter le chapelet tous les jours et annonce que Lucia, qui devra apprendre à lire et à écrire, aura la mission de propager la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, tandis que Francisco et Jacinta iront bientôt au Ciel.

La troisième apparition 13 juillet La foule des curieux grimpe à 4 000 personnes alors que la Dame en blanc apparaît de nouveau aux enfants seuls. C’est l’apparition la plus importante. La Vierge rappelle sa recommandation de réciter le chapelet tous les jours « pour obtenir la paix dans le monde et la fin de la guerre, parce qu’elle seule peut les obtenir ». Elle fait ensuite voir l’Enfer aux enfants, puis promet la fin de la guerre et un miracle au mois d’octobre. Un secret particulier en trois parties est également révélé aux enfants, dans lequel il est notamment dit qu’Il y aura une autre guerre si on continue d’offenser Dieu et que la Russie doit être consacrée au Cœur Immaculée de Marie pour l’empêcher de répandre ses erreurs à travers le monde (les enfants ne connaissaient pas ce pays, ils pensaient que la Vierge parlait sans doute d’une femme très méchante).

La quatrième apparition 19 août Le 13 août, 18 000 personnes sont présentes sur le lieu habituel des apparitions, mais rien ne se passe. En effet, les enfants ne sont pas là : ils ont été arrêtés par le gouverneur anticlérical, qui souhaite prendre connaissance des secrets des enfants. Malgré les pressions, ces derniers ne parlent pas et sont relâchés deux jours plus tard. C’est en gardant comme à l’habitude leur troupeau à la Cova da Iria, le 19 août, que les enfants reçoivent la visite de la Dame, qui leur demande encore de prier et de faire construire une chapelle. Elle promet de nouveau un miracle pour le 13 octobre.

La cinquième apparition le 13 septembre Un peu moins d’un mois plus tard, près de 30 000 curieux viennent au rendez-vous. La Dame recommande encore le chapelet et les pénitences pour la fin de la guerre, mais limite les austérités des enfants qui s’étaient imposé le port d’une corde qu’ils avaient décidé de porter autour de la taille 24 heures par jour pour se mortifier : il ne faudra plus la porter la nuit

La dernière apparition le 13 octobre C’est l’apparition la plus spectaculaire. La Sainte Vierge, qui donne son nom Notre Dame du Rosaire, désire l’édification d’une chapelle à son nom et annonce la fin prochaine de la guerre. Survient alors le "miracle du soleil", annoncé trois fois, attendu et observé par les 50 000 à 80 000 personnes présentes, dont le journaliste anticlérical Avelino de Almeida. Il fera paraître un récit sensationnel dans le journal O Seculo le 15 octobre suivant. La pluie qui tombait à verse s’arrêta soudainement, le soleil changea d’apparence, se mis à tourbillonner dans le ciel pendant dix minutes, puis sembla foncer sur la foule, ce qui créa la panique, avant qu’il ne reprenne sa position normale. À la fin, alors que tout le monde était trempé jusqu'aux os, chacun eut la surprise de trouver ses habits et le sol absolument secs. L'Évêché de Leira Fatima recueillera par la suite des milliers de témoignages, tous concordants, jusqu’à 40 km à la ronde. Ce grand miracle eut beaucoup de retentissement dans le pays et fit parler des apparitions, qui cessèrent alors définitivement.  

Canonisation francisco et jacinta

Francisco et Jacinta, atteints de la grippe espagnole, meurent en 1919 et 1920. Ils sont béatifiés le 13 mai 2000 par le pape Jean-Paul II, puis canonisés le 13 mai 2017 par le pape François. Quant à Lucia, elle ressent rapidement une vocation religieuse et entre au noviciat des Sœurs de sainte Dorothée, puis au Carmel de Coimbra au Portugal, où elle meurt le 13 février 2005, peu avant Jean-Paul II. Par ses écrits, c’est elle qui contribue à propager et à faire comprendre l’importance des apparitions de Fatima.

Comment analyser les événements de Fatima ?

Il faut souligner d’abord le caractère exceptionnel de ces apparitions. Le contenu du message est d’une très grande richesse : dès 1915, il rappelle l’existence des anges, puis la pratique des vertus théologales (foi, espérance et charité). Il insiste aussi sur la nécessité de la prière pour la conversion des pécheurs, et sur la valeur des sacrifices et des souffrances offertes ; ainsi que la valeur propitiatoire de la messe (elle apporte le Salut en actualisant le sacrifice du Christ sur la Croix).

La Vierge Marie rappelle les fins dernières en parlant du Paradis, du Purgatoire et de l’Enfer, elle souligne l’importance de la communion des saints (la prière des vivants peut soulager la souffrance des âmes qui attendent au Purgatoire) et recommande le chapelet comme moyen de sanctification privilégié. Les apparitions sont également remarquables par l’authentification de leur origine divine, grâce au miracle du soleil. 

Outre ce miracle, inexplicable par la science, elles sont confirmées par une série de prophéties annoncées par la Vierge et vérifiées par la suite comme la mort rapide de Francisco et Jacinta, la fin anticipée de la guerre pour le Portugal (après l’élection d’un nouveau président en décembre, le Portugal retire ses troupes des champs de bataille dès avril 1918), la focalisation sur la Russie (qui ne connaîtra la révolution communiste qu’en novembre 1917) et ses "erreurs" répandues dans le monde ou ce que Sœur Lucia révèlera lors de l’enquête canonique de 1930 et dans ses écrits de 1941 des deux premiers secrets qui mentionnent l’élection d’un Pape nommé Pie XI, la venue d’un signe éclatant dans le ciel (une sorte d’aurore boréale visible dans la nuit du 25 au 26 janvier 1938), peu avant l’éclatement d’une Seconde Guerre mondiale. La richesse de leur contenu et la force de leur confirmation donnent donc aux apparitions de Fatima un caractère très particulier.

Les paroles de la Vierge ont principalement se déploient dans trois registres : elle montre, elle annonce, elle demande. Elle montre l’Enfer ; elle annonce les errements du communisme et le cataclysme de la Seconde Guerre mondiale ; elle demande de la part de Dieu que l’on organise la dévotion à son Cœur Immaculé.

De fait, la chute miraculeuse du communisme est venue juste après la consécration du monde au Cœur Immaculé le Marie, le 25 mars 1984. La Sainte Vierge avait prophétisé : "Le Saint Père aura beaucoup à souffrir", et lorsque le pape Jean-Paul II a survécu par miracle à l’attentat du 13 mai 1981 sur la place Saint-Pierre de Rome, il a été conduit à faire le lien. "Une main a tiré, une autre a guidé la balle", dira-t-il plus tard en enchâssant la balle qui l’avait frappé dans la couronne de la Vierge de Fatima. Le délitement du bloc communiste à partir de 1985 qui conduira à la chute du mur de Berlin en 1989 se fera sans la moindre effusion de sang, et la renaissance du Christianisme en Russie laisse espérer l’accomplissement prochain des magnifiques promesses de la Vierge : "À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera, la Russie se convertira et il sera accordé au monde un certain temps de paix."

Yves de Lassus   Le 13 mai 2017

Compléments - Sources documentaires

- Père Ange-Marie, Une année avec Fatima, Pour connaître et aimer le Cœur immaculé de Marie, Éditions Enfants de Fatima, 2016.

- Balayn Bernard, Les bergers de l'Aurore, Les jeunes voyants de Fatima, Téqui, 1994.

- Carmel de Coimbra, Le Rosaire avec Sœur Lucie, Textes de la Servante de Dieu, Sœur Marie-Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé, traduction du portugais par le Père Michel Mallet, Le Parvis, 2016.

- Carmel de Coimbra, Un chemin sous le regard de Marie. Biographie de Sœur Lucie de Fatima, traduit du portugais par le père Michel Mallet, Le Parvis, 2016.

- Père Coveliers J., La dévotion des premiers samedis de cinq mois consécutifs, Préface du père Jean-François de Louvencourt, Téqui, 2017.

- Duchâteau Véronique, À Fatima un rendez-vous avec le Ciel, 1917 - 2017 : Centenaire des apparitions, le témoignage oublié, Téqui, 2016.

- Hunermann Guillaume, Fatima le ciel est plus fort que nous, traduit de l’allemand par le Père E. Saillard, Salvator, 2017.

- Louvencourt Jean-François, Prier 15 jours avec François et Jacinthe de Fatima, Nouvelle Cité, 2006.  

Plus de livres / CD / DVD sur le centenaire de Fatima à retrouver ici.  

Sites Internet :   www.fatima100.fr/    et   www.fatima.be/fr/    et  https://fr.wikipedia.org/wiki/Apparitions_mariales_de_Fátima

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