Le musée international de la parfumerie de Grasse présente Paul Poiret à partir de 7 juin 2013

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Paul Poiret

Après Moscou et New York, Paul Poiret à Grasse

Le Musée International de la Parfumerie  présente, à partir du 7 juin 2013 et  jusqu’au 30 septembre 2013 son exposition estivale consacrée à Paul Poiret, le premier couturier à avoir créé sa propre maison de parfumerie en 1911 : Les Parfums de Rosine.

Ce précurseur ouvrit un nouvel univers de création aux maisons de couture et, par la suite, à l'univers du luxe : le parfum comme partie intégrante de la garde-robe. A ses yeux, les parfums transportaient l'essence poétique de sa maison de couture. Ses parfums sont ainsi intimement liés à ses créations de mode.

Alors que les deux rétrospectives organisées à New York en 2007 et Moscou en 2011, Paul Poiret, "King of the fashion", concernaient essentiellement la haute-couture, l'exposition de Grasse révèle la quasi-totalité des parfums créés par Paul Poiret. Les œuvres et objets patrimoniaux présentés sont issus des fonds propres du musée, de grandes institutions mais aussi de collections privées rarement divulguées.

L'univers magique et mystérieux de Paul Poiret est restitué à travers ses créations - flacons, objets publicitaires (éventails, cartes parfumées…), boîtes à poudre, vêtements de haute-couture, cosmétiques, documents d'archives... Des dispositifs muséographiques interactifs permettent de contextualiser les collections présentées, d'élargir les propos et de jouer sur les émotions. Vidéos, bornes interactives, points olfactifs mettront en éveil les sens pour apprécier pleinement les créations de ce  "couturier-parfumeur" hors-norme qu'est Paul Poiret

Biographie

Connu pour ses audaces, Paul Poiret (1879-1944) est un couturier français considéré comme un précurseur du style Art déco. Il fit son apprentissage en tant que dessinateur de mode dans l’atelier de Jacques Doucet dès 1899. En 1901, il rejoint le couturier anglais Charles Frédéric Worth qui avait ouvert, rue de la Paix, une maison fabriquant des robes sur mesure pour une clientèle fortunée. C’était le début de la Haute couture.

C’est en septembre 1903 qu’il ouvre sa propre maison de couture au 5 rue Auber, dans le quartier de la Madeleine avec comme ambassadrice Gabrielle-Charlotte Réju (alias Réjane), jeune actrice sous les feux de la rampe. Paul Poiret est un amoureux des femmes, de la vie, de la fête et les lignes harmonieuses. Il déteste le corset, et va donc rapidement bannir cet accessoire et créer véritablement à la femme une nouvelle ligne. La femme nouvelle, telle que la montrent les dessins de Paul Iribe et de Georges Lepape dans les albums qu’ils composent pour Paul Poiret, est une créature droite, ou à peine cambrée, la taille légèrement marquée sous les seins, le corps tout entier deviné sous la tunique souple qui descend jusqu’au sol. Le style Poiret est singulier : les épaules deviennent désormais le point d’appui de la silhouette. Il dessine ainsi une nouvelle ligne et magnifie une nouvelle zone du corps.

Octobre 1905, Paul Poiret se marie avec une jeune fille, Denise Boulet, sur laquelle il va tester ses premières innovations. Sa femme, qui lui donnera cinq enfants, va devenir bientôt l’une des reines de la mode nouvelle. Le style Paul Poiret s’impose peu à peu à toute la Haute couture et attire les élégantes de la capitale, séduites par les idées nouvelles de Paul Poiret.

Fort de ce succès c’est en mars 1906 que la Maison s’installe dans un hôtel particulier, au 37 rue Pasquier. Il y reçut les grandes dames de Paris notamment Lady Asquith, femme du 1er Ministre qui lui dit : « Je veux que toutes les Anglaises connaissent vos robes ». C’est ainsi qu’elle ouvrit ses salons à Downing Street afin de permettre au couturier de montrer ses modèles. Bien que cette affaire fût controversée, reprochant à Lady Asquith d’avoir trahi la cause du trade anglais, c’est ainsi que Paul Poiret se fit connaître à Londres. En 1910, alors que les ballets russes triomphent à Paris et que l’orientalisme est à la mode, il achète des tissus colorés de Wiener Werkstätte à Vienne avec qui, il commence une collaboration.

Paul Poiret fut le fer de lance du style Art déco et celui qui démocratisa le turban orné d’une aigrette que sa femme arborait fièrement aux folles soirées parisiennes. Epris de chromatismes vifs, acides, Poiret Poiret réintroduit aussi le violet, le bleu roi, l’orange, le vert pomme, le rouge dans ses créations.

Paul Poiret, couturier-parfumeur

La Maison Poiret fut l’une des plus célèbres de son temps. Couturier d’avant-garde, qui libéra la femme du corset, Paul Poiret commercialise également de grands parfums.

En 1911, il lance les "Parfums de Rosine" et les "Ateliers de Martine" , du nom de ses deux filles. C’est aussi à cette époque où il s’installe dans un hôtel particulier du 18ème, rue du Faubourg Saint Honoré le transforme et le décore. C’est aussi au sein de ses appartements qu’il organise d’ailleurs des fêtes somptueuses qui marqueront les esprits notamment "la mille et deuxième nuit ".

Paul Poiret a signé une quarantaine de parfums aux noms évocateurs et exotiques : Arlequinade - Le Balcon - Borgia - Aladin

- Nuit de Chine - Toute la Forêt - Sa Chambre - Avenue du Bois - Fruit Défendu - Coupe d’Or - Maharadjah - Coup de Foudre

- Pierrot et tant d’autres.

Les premiers parfums 1910/11 ont étés créés par Schaller qui était verrier, dessinateur de flacons. Mais la plus grande partie des parfums de Paul Poiret ont été l’oeuvre de Alméras, dont la création la plus réputée est le Joy de Patou toujours présent. Avec ces créations, Paul Poiret inaugure ainsi la dynastie des couturiers-parfumeurs, symbole de l’évolution sociale de la première moitié du XXe siècle.

Son aura inonde le Tout-Paris, et l’intelligentsia n’a d’yeux que pour lui : Robert Delaunay, André Derain, Kees Van Dongen, Henri Matisse, Picasso, Marie Laurencin ou encore Raoul Dufy avec qui il lance des imprimés audacieux.

La Première Guerre mondiale a bouleversé le statut et les goûts de la femme moderne, et après quinze années de succès, son image commence à pâlir. En 1923, la Maison commence à connaître quelques difficultés financières. La crise de 1929 aura raison de ses ardeurs et engloutit l’ensemble de ses activités. L’année suivante, il publie « En habillant l’époque », précieux témoignage sur le monde de la parfumerie et la vie Parisienne dans les années 30. L’histoire de la mode n’est pas toujours faite de faste, Paul Poiret meurt en 1944, seul et ruiné.

 

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