France : Le château observatoire d'Abbadia aux portes d'Hendaye dans la côte basque

18-ot-hendaye-abbadia-academie-des-sciences-1.jpgAbbadia est le prolongement d’Antoine d’Abbadie, le patrimoine intime où il révèle, dans la pierre, sur les mobiliers, inscrits sous forme de devises, dans les décors, ses souvenirs, sa vie, son œuvre.

Situé à Hendaye  dans les Pyrénées-Atlantiques, à mi-chemin entre Biarritz et San Sebastian, Abbadia dresse ses façades crénelées entre Océan et Montagnes. Il y impose sa silhouette austère, laissant à peine deviner la richesse et l’exotisme de sa décoration intérieure, si ce n’est le bestiaire exotique et éclectique qui intrigue le visiteur et l’invite à plus de curiosités.

Edifié entre 1864 et 1879, Abbadia, œuvre intégrale de l’illustre architecte Eugène Viollet-le-Duc est organisé en trois ailes. Ce tripode d’inspiration néogothique matérialise les axes de vie d’Antoine d’Abbadie : Etude/Science ; Chapelle/dévotion ; Habitation/Accueil et chaque pièce en illustre un chapitre : observatoire, bibliothèque, salon arabe, chapelle, chambre de Jérusalem, d’Ethiopie, de l’Empereur...

Abbadia s’inscrit dans un triangle équilatéral parfait, dont le lieu géométrique est symboliquement marqué par la statue d’Abdulah, jeune éthiopien porte-lumière des peintures "hommage à l’Ethiopie"  du vestibule.

Abbadia  : un château observatoire irlandais au cœur du pays basque

Ami du couple impérial, de Pierre Loti qui sera un invité régulier d’Abbadia, la vie mondaine du couple d’Abbadie est d’envergure internationale. Antoine d’Abbadie meurt le 19 mars 1897 et repose, selon sa volonté, à Abbadia dans une crypte aménagée sous la chapelle du château. Virginie, son épouse, l’y rejoint le 1er mars 1901. Antoine d’Abbadie disparut avec un seul regret, celui de n’avoir pu, comme il l’avait prévu, recevoir à Abbadia l’empereur Napoléon III, pour lequel il avait fait spécialement aménager la chambre ronde de la tour, au-dessus du grand salon : la guerre était survenue et l’abdication du souverain avait réduit à néant ses vœux les plus chers.

Sans descendance, le couple d’Abbadie lègue Abbadia à l’Académie des sciences en 1895. A Abbadia, l’observatoire d’astronomie est astrométrique, l’instrument d’observation n’est pas un télescope mais une méridienne. Au XIXe la lunette méridienne est l’instrument roi des laboratoires astrométriques. Elle tient son nom du seul mouvement qui lui soit possible, un déplacement vertical qui permet de regarder du point cardinal Nord au point cardinal Sud en passant par le zénith. En choisissant de graduer le cercle de mesure de sa méridienne en grade et non pas en degré, Antoine d’Abbadie en fait un exemplaire unique au monde. Son observatoire d’astronomie demeurera en fonctionnement jusqu’en 1975.

Antoine d’Abbadie, un universaliste

Explorateur, "savanturier" du XIXème siècle, géodésien, cartographe, astronome, linguiste, philologue, ethnologue, mécène de la culture Basque.

D'une famille d'origine basque émigrée d'abord en Espagne, puis en Irlande, Antoine Thomson d'Abbadie est né à Dublin le 3 janvier 1810. Animé dès son enfance par la passion des voyages, il fait en 1829 le projet d'explorer l'intérieur de l'Afrique. Il est sur le point de partir pour l'Ethiopie quand l'astronome François Arago le distingue et lui confie, au nom de l'Académie des sciences, une mission scientifique au Brésil : il s'agit d'observer le sens du mouvement diurne de l'aiguille aimantée. De retour en Europe en 1837, Antoine d'Abbadie rejoint son frère cadet, Arnault (1815-1893), au Caire. Ensemble, ils entreprennent un long voyage qui les mène jusqu'à la Mer rouge, Djeddah, Massoua et finalement Gondar, capitale de l'Abyssinie, l’ex Ethiopie.

Dès ce voyage, Antoine d'Abbadie met au point des procédés nouveaux, notamment en matière de levés de terrains, qu'il développera plus tard sous le nom de géodésie expéditive. Pendant dix années, il réalise le programme qu'il s'est fixé : triangulation astronomique d'un territoire grand comme la France, détermination des positions géographiques de près de 900 points remarquables, cartographie, études ethnographiques et linguistiques.

Il applique des méthodes audacieuses au regard des contrées sauvages traversées : "voyager seul et sans armes, vivre sobrement et à la manière du pays, apprendre et dialoguer dans les langues et dialectes autochtones tout en observant et en respectant les coutumes ; s'armer de patience et ne pas perdre de vue le but à atteindre, ce qui lui attirent l'estime et le respect des Ethiopiens". Il n’est pas le seul à explorer les "terra incognita"  de l’Afrique au XIXe, en revanche il sera celui qui séjournera le plus longtemps

L'Académie des sciences, dont il est déjà correspondant depuis 1852, l'élit en 1867 comme membre, dans la section de géographie et de navigation nouvellement créée. En 1878, il devient aussi membre du Bureau des Longitudes. Antoine d'Abbadie poursuit, avec l'astronome Rodolphe Radeau (1835 - 1911), la publication définitive de son ouvrage sur la géodésie de l'Ethiopie (1860 - 1873), puis une série d'études et d'ouvrages sur l'histoire de l'Abyssinie, les monnaies d'Ethiopie , la langue de Kam.

En 1881, il publie un dictionnaire de la langue amarinna. En 1882, il participe à la mission d'observation du passage de Vénus, organisée à l'initiative de l'Académie des sciences, prenant personnellement la direction de la mission de Port-au-Prince, dont il assume les frais. C'est grâce à lui - il fait construire dans ce but deux appareils héliophotographiques - que cette observation peut avoir recours à la photographie.

En 1859, il épouse Virginie de Saint-Bonnet, dont la famille est originaire du Dauphiné ; elle l’accompagne désormais dans ses voyages et leur complicité est sensible dans tout l’aménagement d’un château observatoire qu’il fait construire, à partir de 1864, sur le domaine de plus de 450 hectares qu’il s’est constitué entre Hendaye et Ciboure.

Il poursuivit ses voyages et ses missions en Europe, en Orient, en Afrique et l’on retrouve trace de ses itinéraires jusqu’en Haïti. Sa correspondance, conservée pour partie à Abbadia et pour le reste, aux Archives de l’Académie des sciences, à la bibliothèque de l’Institut de France et aux Archives Départementales des Pyrénées-Atlantiques, témoigne des liens très fidèles qui l’unissent à sa mère, d’origine irlandaise, et des affinités cosmopolites qu’il entretint avec de nombreux scientifiques contemporains de toutes nationalités. Certaines lettres révèlent aussi les relations qu’il a réussi à nouer avec des savants éthiopiens, auxquels il s’adresse dans leur langue qu’il a appris à maîtriser lors de ses diverses expéditions.

Pour de plus amples informations rendez-vous sur le site www.chateau-abbadia.fr

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