France : Art Paris Art Fair met la Russie à l'honneur du 28 mars au 1er avril 2013 au Grand Palais

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Tournée vers l’exploration des scènes de l’est, art Paris art Fair invite la Russie

C’est la première fois qu’une foire d’art française met la Russie à l’honneur sous la coupole du Grand Palais, qui accueillit en 1906 la première exposition d’artistes russes conduite par Serge Diaghilev, dans le cadre du Salon d’Automne.

Du 28 mars au 1er avril 2013, ce ne sera pas une invitation officielle de la Russie, mais une véritable exploration artistique à laquelle convie ART PARIS ART FAIR.

Sous la nef du Grand Palais, une plateforme centrale accueille dix galeries venues d’Ekaterinbourg, Moscou, Saint-Pétersbourg, Rostov-sur-le-Don et Vladivostok tandis qu’une vingtaine de galeries européennes présentent leurs artistes russes.

Avec près de 90 artistes russes représentés, ART PARIS ART FAIR met en lumière une scène variée : des artistes de la diaspora des années 1920-1930 (comme Boris Grigoriev ou Aleksandr Yakovlev) aux non-conformistes, opposés à la culture au pouvoir de l’URSS entre 1960 et 1991 (Vladimir Andreenkov, Rogensky, Leonid Sokov, Erik Bulatov, Igor Makarevich,...), aux étoiles de la scène contemporaine actuelle (AES+F, Olga Chernysheva, Oleg Kulik, Boris Mikhailov, Pavel Pepperstein, Olga Kisseleva, Alexei Vassiliev,...).

Visite en avant-première : installation du grupe recycle à l’entrée du Grand Palais

Une installation monumentale du groupe moscovite Recycle, représenté par la Galerie Suzanne Tarasiève, accueille le public à l’entrée du Grand Palais et donne le ton. Produite en 2012 pour l’exposition Futurologia à Nantes, cette œuvre intitulée « Façade » de 6 mètres de hauteur renvoie aux faux semblants des « villages Potemkine », constructions de carton-pâte qu’aurait fait bâtir Grigori Potemkine, favori de la tsarine Catherine II, pour lui plaire et masquer la réalité misérable des campagnes russes.

Les maitres russes émigrés des années 1920 à 1950

Galerie d’art moderne spécialisée dans les artistes russes émigrés, Heritage international Art Gallery (Moscou) dévoile les pièces maîtresses réalisées dans les années 1920-1930 par les peintres Philipp Malyavin (né en Russie en 1869, mort à Nice en 1940) et Nikolay Zagrekov (né en 1897 en Russie – mort en 1992 en Allemagne), tous deux élèves de Répine, héros d’un groupe de peintres actifs en Russie à la fin du XIXe siècle, les Ambulants. On trouvera des gouaches et des sculptures d’Ossip Zadkine (1890-1967) des années 1930-1940 à la Galerie Fleury, spécialisée dans l’oeuvre de cet artiste d’origine russe qui s’installa à Paris en 1909. La galerie Claude Lemand (Paris) présente également un livre de lithographies originales de Zadkine, Portrait de l’Oiseau- Qui-N’Existe-Pas... Les figures de l’Ecole russe de Paris, Serge Poliakoff (1900-1969) et Lanskoy (1902-1976) sont également évoquées par les galeries Fleury et Alexis Lartigue.

Les non-conformistes des années 1960- 1980 : la seconde avant-garde russe

Au début des années 1960, à la faveur du dégel politique, Moscou est la grande capitale de l’Union Soviétique, qui abrite de nombreux artistes s’opposant à l’esthétique imposé du Réalisme Socialiste. Ceux-ci donnent naissance aux mouvements non-conformistes inspirés par différentes écoles, l’art abstrait hérité du Suprématisme et du Constructivisme, l’art conceptuel, puis plus tardivement le Pop Art. On retrouve à Art Paris Art Fair les principales figures qui ont marqué la création russe des années 1960 à 1980 : Mikhail Roginsky (né en 1931), pilier de l’art non-conformiste, dont la Galerie Farideh Cadot (Paris) montre les toiles empreintes de nostalgie et d’interrogations existentialistes. Edik Steinberg (1937- 2012) à qui la galerie Claude Bernard rend un hommage particulier. En 1988 celle-ci fut la première à présenter ses oeuvres géométrico-métaphysiques inspirées par le suprématisme de Malevitch. La galerie Nadja Brykina (Zurich), dont la vocation est de sortir de l’oubli toute une génération d’artistes russes, actifs dans les années 1950-1960, présente les œuvres de trois artistes de cette période : Vladimir Andreenko, peintre abstrait qui s’inscrit dans l’héritage du constructivisme, Marlen Spindler, peintre majeur qui a vécu 15 ans d’incarcération forcée, et Igor Vulokh. Chef de file de l’art conceptuel à Moscou dès les années 1960, Erik Bulatov (né en 1933) dévoile chez Pièce Unique (Paris) une exposition personnelle de ses dessins, véritables théâtres de signes.Igor Makarevich (né en 1943 en Georgie), autre figure majeure de l’école conceptuelle moscovite, bénéficie de divers hommages à la Galerie SEMART (Monaco) et à la Galerie Blue Square (Washington). Auteur d’une oeuvre polymorphe qui s’attelle à la destruction des mythes collectifs, personnels ou esthétiques, il expose aussi bien des installations que des peintures. Il est notamment connu pour ses « portraits Pinocchio » qui détournent avec humour les sacro-saints suprématistes des années 1920.

Les figures connues de l’art contemporain

Chez Rabouan Moussion (Paris), on pourra voir un spectaculaire cœur de terre et de bois de Dimitri Tsykalov suspendu au centre de la nef, un autoportrait de Vladimir Mamyshev Monroe en Vladimir Poutine, largement diffusé durant les manifestations qui agitèrent les récentes élections législatives en Russie (il est interdit d’utiliser des portraits officiels de M. Poutine). Lors du vernissage d’Art Paris Art Fair, Vlad Monroe incarnera un personnage, non dévoilé à ce jour... A la galerie Arka (Vladivostok) Olga Kisseleva, chef de file du « media art » russe, dévoilera un dispositif interactif qui mesure le « temps subjectif » de toute personne posant simplement la main sur un écran tactile... La galerie Anne de Villepoix (Paris) Alexeï Kallima, né en 1969 à Grosny, installé à Moscou depuis 1994, connu pour ces dessins grand format au fusain qui mettent en scène des soldats embusqués, montrera une nouvelle pièce spécialement conçue pour Art Paris Art Fair... Andreï Molodkin, né en 1966, présentera ses sculptures emplies de pétrole chez Priska Pasquer (Cologne) et chez Blue Square (Washington), ainsi que ses dessins au stylo bille qui évoquent l’art du tatouage interdit à l’époque soviétique chez Orel Art (Paris)...

Un sulfureux cabinet du collectif AES+F attend le visiteur chez SEM-ART Gallery (Monaco), où sept compositions de porcelaine figurent des scènes galantes caractéristiques du 18e siècle, incarnées par des héros contemporains : immigrants et policiers, skinheads et jeunes filles turques, femmes d’affaires et travailleurs migrants, ouvrières chinoises et dirigeants... Anatoly Osmolovsky, l’une des figures marquantes de la scène artistique moscovite, imagine chez pop/off/art gallery (Moscou, Berlin) une église déviante, où les icônes seraient des tranches de pain (réalisées en bois).

Les étoiles montantes de la scène actuelle

A la Erarta Galleries (Londres, Zürich, New York, Saint-Pétersbourg) Dmitry Shorin imagine un ange déployant ses ailes pourvues de réacteurs d’avion... Chez melanie Rio (Nantes), Peter Belyi, talent né en 1971, entré dans la collection Margullies (Miami) évoque la Russie comme une zone de tous les dangers, avec l’installation « The Pause Project » (immense scie circulaire suspendue à un fil fragile). Star de l’art contemporain russe, Pavel Pepperstein, représenté par la galerie Iragui (Moscou), déploie son univers Punk et onirique au sein de paysages aux inspirations constructivistes... A la galerie Rabouan Moussion, on retrouvera le dernier travail « The Interrogation » (2013) de PG Group, collectif freiné dans sa création pour des raisons politiques. L’œuvre représente l’arrestation et l’interrogatoire d’Ilya Falkovsky par le FSB, la police secrète russe...

La galerie Perchevsky (Moscou) présente l’installation « Your place in the history of art » (2011) de Rostan Tavasiev, étoile montante déjà exposé à la galerie Tretyakov (Moscou), Multimedia Art Museum (Moscou), Moscow Museum of Modern Art (Moscou), etc. A la galerie L’Aléatoire (Paris), Masha Arendt redonne vie sur tissu, avec de la broderie, aux projets utopiques des architectes constructivistes russes des années 1920, tandis que les aquarelles de Julia Zastava entrainent dans un monde étrange d’(im)possibles... Elève de Jean-Michel Alberola, Natacha Ivanova (NK Gallery, Anvers) se met en scène dans la plupart de ses peintures, nourrie par le cinéma.

Informations pratiques :

ART PARIS ART FAIR du 28 mars 2013 au 1er avril 2013

Horaires d’ouverture : jeudi 28 mars, samedi 30 mars et dimanche 31 mars de 11h30 à 20h

Vendredi 29 mars de 11h30 à 22h et lundi 1er avril de 11h30 à 19h

L’entrée est de 20 euros et 10 € pour les étudiants et groupes et vous pourrez acquérir le catalogue au prix de 20 euros

Pour de plus amples informations rendez-vous sur http://www.artparis.fr

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