BAHREÏN : Grand prix de formule 1 du 20 au 22 avril 2012

bahrein-1.gifSi la compétition sportive avait été annulée l’'année dernière au vu des troubles sociaux qui agitaient le pays, les organisateurs ont annoncé cette semaine que le Grand Prix de Formule 1 se tiendrait ce vendredi au circuit Sakhir, comme initialement prévu, malgré les nombreux appels de l’opposition et de plusieurs ONG au boycott de l’événement.

Cette compétition sportive internationale intervient ainsi dans un contexte politique et social particulier. En effet, depuis plus d’un an, le Royaume est affecté par des rassemblements contestataires qui s’'inscrivent dans la continuité du "Printemps arabe" ayant touché l'’essentiel des pays du Maghreb, Proche et Moyen-Orient.

L'’état du Bahreïn est en effet dirigé par la famille al-Khalifa, d’'obédience sunnite, tandis que la population est composée à 70% de musulmans chiites. Ces derniers, qui s'’estiment discriminés, revendiquent donc une égalité de droits entre les deux communautés. Les chiites affirment en effet être victimes de ségrégations concernant l’accès à la haute fonction publique, à l’armée, la police, les allocations ou encore l’'accès au logement. 

Pour apaiser les tensions, le gouvernement a promis, l'’an dernier, d’implémenter des mesures sociales visant à améliorer les conditions de vie de la majorité chiite et d’ouvrir son régime à une meilleure représentativité.

Cependant, devant la lenteur de la mise en place de ces mesures, et la réponse armée à chaque tentative de rassemblement, les manifestants continuent de se mobiliser, principalement à Manama et dans les villages chiites alentours. Lors de l’anniversaire de la contestation, le 14 février 2012, de nombreux affrontements sont ainsi survenus entre forces de l’ordre et manifestants, faisant plusieurs dizaines de blessés.

Depuis, des rassemblements se tiennent quasi quotidiennement aux abords de la capitale, particulièrement à l’approche de la tenue du Grand Prix de Formule 1 à Bahreïn vendredi. En effet, la majorité chiite souhaiterait utiliser l’avantage de la forte couverture médiatique de l’événement pour publiciser ses revendications socio-économiques, le gouvernement ayant récemment revu sa politique de visas, contribuant en partie à priver l’opposition d’une médiatisation de ses actions. Par ailleurs, celle-ci a d’ores et déjà appelé à manifester dans les villages chiites avoisinant la capitale le jour du Grand Prix. Toutefois, des consignes claires ont été données par le parti d’opposition Al-Wefaq de ne pas se rassembler à proximité du circuit pour ne pas perturber la course et ternir l’'image de la contestation.

Les autorités bahreïnies se préparent d’ores et déjà à assurer la sécurité de l’événement sportif en déployant massivement un important dispositif de forces de l’ordre autour du circuit et dans la capitale. Cependant, la communauté chiite a fait savoir qu’'elle se mobiliserait pacifiquement toute la semaine précédant la compétition. 

Toutefois, et malgré ces consignes, le risque d'’affrontements entre les forces de police et l'’opposition reste donc possible à l'’approche et pendant la compétition.

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