Tunisie : Election le 23 octobre

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La Tunisie s'’apprête à amorcer une nouvelle page de son histoire dimanche 23 octobre 2011 à l’'occasion des premières élections libres du pays depuis l'’indépendance en 1956. 

 7, 5 millions de tunisiens seront appelés à voter pour élire une assemblée constituante dont la mission principale sera de mener les réformes politiques et de préparer la transition démocratique du pays. La future constituante sera chargée de doter le pays d’une nouvelle constitution qui devra intégrer les acquis de la révolution. Cette élection constitue un évènement historique pour le peuple tunisien qui demeure toutefois inquiet quant à une recrudescence des violences au terme de ce scrutin.

En effet, les tensions demeurent palpables à quelques jours de l’élection en raison de l’incertitude, l’importance et la nouveauté de l'’exercice électoral. Celles-ci sont d’autant plus fondées que le mode de scrutin à la proportionnelle par liste a engendré une multiplication du nombre de candidatures avec plus de 1.500 listes, 11.000 candidats et 110 partis. Cependant, 4 forces politiques majeures se sont dégagées à l'’issue de la campagne électorale, à savoir : le parti islamiste Ennahda, dirigé par Rached Ghannouchi, qui est le grand favori des sondages, le Parti Démocrate Progressiste -PDP-, parti centriste dirigé par Najib Chebbi, le forum démocratique -Ettakatol- social-démocrate, et le Pôle Démocratique Moderniste (PDM), qui a constitué une coalition de gauche composée de petits partis et de mouvements associatifs.

Par ailleurs, le Congrès pour la République (CPR), qui s’est rapproché d’Ennahda durant la campagne, et le Parti du Travail Tunisien (PTT) qui peut compter sur un large réseau de syndicalistes, sont susceptibles de peser lors de cette élection qui mobilise la sécurité intérieure tunisienne.

En effet, un important dispositif de sécurité a été mis en place pour l’évènement, avec le déploiement de dizaines de milliers de membres des forces de l’ordre, dont 25000 soldats sur l’ensemble du territoire. Ces derniers seront ainsi en état d’alerte de jour comme de nuit lors de ces prochains jours, alors qu’un couvre feu sera probablement décrété le jour du scrutin.

Cependant, malgré ce déploiement conséquent, des heurts ont été signalés hier dans plusieurs villes par le coordinateur du Pôle Démocrate Moderniste (PDM) qui accuse les militants du parti islamiste Ennahda et ceux du Congrès pour la République (CPR) d’avoir attaqué des membres de la coalition de gauche. De son coté, Ennahda accuse la coalition de gauche de vouloir constituer un front uni contre les islamistes avant le scrutin.

Au cours d’une conférence tenue hier après-midi, Rached Ghannouchi a menacé de mobiliser ses forces dans les rues en cas d’alliance anti-démocratique ou de fraudes électorales qui conduiraient à la défaite de son parti, actuellement favori dans les sondages.

Enfin, les dernières tractations politiques concernant le jeu des alliances se poursuivent notamment entre le PDP, le PDM et le Forum Démocratique qui pourraient unir leurs forces contre Ennahda. Cette situation pourrait générer de nouvelles violences dans le pays et conduire à l’échec d’une continuité pacifique du processus de transition politique.

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