Les manifestations célébrant les 41 ans de règne du souverain interviennent dans un climat de difficultés économiques et de contestation sociale exacerbé par le "printemps arabe" .
En effet, la crise politique se prolonge et la situation politico-sécuritaire demeure tendue à Oman où l’opposition demande toujours une libéralisation de la monarchie autoritaire, ce que refuse le sultan Qabous ben Saïd al-Saïd, au pouvoir depuis quatre décennies.
Le mouvement de protestation qui a touché le pays au début de l’année est demeuré principalement circonscrit à la capitale, et aux villes côtières de Sohar et de Salalah. A Mascate, des sit-in ont été tenus quotidiennement devant le conseil consultatif, avant d’être violemment dispersés par les forces de sécurité. A Sohar, dans le nord du pays, des opposants ont contraint à plusieurs reprises les fonctionnaires par diverses manœuvres d’intimidation à respecter des appels à la grève, alors que l’armée était déployée afin de protéger les bâtiments publics. De plus, des actes de pillage ont été rapportés dans la ville, les forces de sécurité n’étant pas à même d’assurer la tranquillité publique.
Le sultan Qabous a réagi dès les premiers affrontements en promettant la création de 50 000 emplois, en renvoyant 3 ministres, en octroyant une aide financière à tous les demandeurs d’emploi et en augmentant le salaire minimum de 140 à 200 riyals soit 260 à 375 euros. Le monarque a également annoncé la formation d’un comité ministériel afin de rédiger des propositions pour élargir les pouvoirs du conseil consultatif. En effet, ce dernier ne dispose pas à l’heure actuelle du pouvoir législatif, qui demeure concentré entre les mains du gouvernement et du sultan, décideur en dernier ressort.
La légitimité du souverain reste peu contestée à Oman, ce dernier étant notamment crédité de la sortie du pays du sous-développement à partir des années 1970 et de la stabilité du sultanat dans un contexte de tensions internationales et de montée de l’islam radical.
Néanmoins le sultanat fait désormais face à une situation économique et démographique difficile, confronté notamment à une hausse du chômage alors que plus de 40% de la population a moins de 15 ans. Le régime semble prêt à accorder des concessions aux protestataires et la chute de Qabous ben Saïd al-Saïd ne fait pas partie des revendications de la majorité des opposants.
De fait, une large partie des demandes des contestataires consiste en des réformes d’ordre économique et non politique, contrairement aux autres mouvements populaires apparus récemment dans la région. De même, les forces de sécurité et les manifestants ont fait preuve jusqu’ici d’une certaine retenue et les manifestations se sont avérées largement pacifiques – excepté lors d’un rassemblement à Sohar le 27 février 2011, marqué par la mort d’un manifestant.
Le pays se trouve donc plongé dans une situation de crise politique intense et le mécontentement d’une partie de la population demeure latent malgré la fin des rassemblements publics massifs au mois de mai 2011.