Les réformes issues du dialogue national initié par le roi Hamad bin Issa Al-Khalifa doivent être soumises au parlement à partir du 7 novembre 2011. Bien que les consultations menées par le gouvernement aient abouti le 28 juillet 2011 au renforcement des pouvoirs de la chambre basse du parlement, plusieurs revendications de l'opposition n'ont pas été satisfaites.
Depuis le 14 février 2011, les bahreïnis se mobilisent dans les rues pour réclamer la destitution du gouvernement, mais ces derniers subissent régulièrement les attaques des forces de sécurité du régime. Plusieurs centaines de personnes, notamment des médecins, juristes et bloggeurs, ont été arrêtés pour avoir soutenu les manifestants ou critiqué le régime.
Les groupes d'opposition réclament une nouvelle constitution, une meilleure représentativité au sein du gouvernement, la libération des prisonniers politiques, ainsi que l'arrêt des naturalisations d'étrangers sunnites, destinées à compenser la forte proportion de la communauté chiite.
Les membres de l'opposition ont également boycotté les élections partielles du 1er octobre 2011, conduisant à un faible taux de participation, et continuent de protester pacifiquement.
Or, des éléments plus radicaux ont émergé et réclament la chute du gouvernement, provoquant un durcissement du maintien de l'ordre des services de sécurité du régime qui ne tolèrent aucun trouble dans les villes du royaume.
A l'instar de la crise syrienne, bien que des réformes avancées soient annoncées, celles-ci ne parviendront pas à juguler le mouvement d'opposition en raison du vif sentiment d'injustice qui prévaut au sein de la communauté chiite. Les divergences devraient donc perdurer et mener à de nouvelles manifestations qui restent exposées à une sévère riposte du régime.
Le 7 novembre 2011 le chef de la mission d'investigation des atteintes aux droits de l'homme a déclaré que la torture avait été utilisée de manière systématique contre les protestataires. La commission doit rendre son rapport le 23 novembre en réponse aux nombreuses plaintes pour maltraitances subies par les membres de l'opposition. La publication du rapport de la commission d'investigation devrait engendrer de nouvelles contestations.
Le gouvernement bahreïni est accusé de réprimer et de discriminer la communauté chiite du Royaume mais ce dernier dénonce une intervention étrangère à l'origine du soulèvement des chiites. Les autorités visent en particulier l'Iran soupçonné de vouloir renverser le régime sunnite au pouvoir.
En effet, la stabilité du Royaume est une nécessité pour l'Arabie Saoudite dans sa lutte d'influence qui l'oppose à l'Iran. La population bahreïnie, majoritairement chiite, est dominée par une population majoritairement sunnite, et l'Arabie Saoudite souhaite veiller à son maintien.
Riyad a toujours entretenu une crainte dune révolte chiite pilotée par Téhéran qui redistribuerait les cartes dans la région. En outre, les autorités bahreïnies et saoudiennes ont déjà été confrontées à une tentative de renversement du pouvoir à Bahreïn, orchestrée par lIran en 1981 à laide de groupes chiites locaux.
L'Iran ne s'est jamais caché de ses velléités territoriales sur l'archipel et a toujours insisté sur 'l'Iranité' des chiites du pays. Le régime iranien peut compter sur un important réseau politico-religieux qui lui permet dinfluencer sur les communautés chiites. L'Arabie Saoudite souhaite éviter qu'un renversement du pouvoir au Bahreïn ne profite aux chiites, comme cela a été le cas en Irak et au Liban.