Plus de 550 millions d’euros auraient été consentis par une trentaine de pays lors de la conférence internationale des donateurs qui s’est déroulée à Kiev, le 19 avril 2011. Celle-ci intervient en marge des célébrations du 25e anniversaire de l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl afin d’assurer le financement du prochain coffrage du réacteur n°4.
Les célébrations du 25e anniversaire de la catastrophe s’inscrivent dans un contexte délicat, au lendemain du séisme japonais du 11 mars 2011 et de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Cette situation devrait vraisemblablement accroître la participation aux actions contestataires organisées en Europe et cristalliser les tensions autour de la problématique du nucléaire. Ainsi, plusieurs manifestations d’anciens "liquidateurs"ont été récemment rapportées, notamment à Kiev le 17 avril dernier. En effet, ces derniers réclament une augmentation des aides sociales et une prise en charge par les autorités ukrainiennes des dépenses de santé liées à leur intervention dans la zone contaminée. En outre, en Russie, des rassemblements devraient être organisés à Moscou et Saint-Pétersbourg le 26 avril 2011 et plusieurs manifestations et sit-in pourraient également avoir lieu à proximité des principales centrales nucléaires européennes – notamment en France, Allemagne, Royaume-Uni, Pologne et République Tchèque. Par ailleurs, à Minsk, les autorités biélorusses ayant récemment décidé l’interdiction des célébrations – à la suite de l’attentat du 11 avril dernier – des débordements pourraient survenir, dans la mesure où les associations de victimes ont décidé du maintien des manifestations.
L’explosion le 26 avril 1986 du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl située au nord de l’Ukraine aurait selon l’ONU provoqué la mort directe d’environ 4 000 personnes et les retombées radioactives pourraient également avoir entrainé le décès de plusieurs dizaines de milliers de personnes en Ukraine, au Belarus et en Russie. Par ailleurs, plus de 600 000 "liquidateurs", réquisitionnés afin d’étouffer le cœur du réacteur, auraient également été largement contaminés.
Toutefois, le bilan sanitaire de la catastrophe suscite aujourd’hui encore de vifs débats au sein de la communauté scientifique et politique. Ainsi, la large zone d’exclusion imposée par les autorités ukrainiennes laisse craindre la présence massive d’éléments radioactifs dans le sol et les rivières. En outre, bien que les autorités ukrainiennes aient envisagé la réouverture du périmètre interdit à proximité immédiate de la centrale, les récentes expertises ont démontré un accroissement des défauts d’étanchéité et donc des risques à proximité de la centrale nucléaire. Par ailleurs, les événements de Fukushima auraient accéléré le processus politique en place depuis 1992 pour la création d’un nouveau sarcophage autour du réacteur endommagé. Ainsi,l’édification d’une nouvelle enceinte de protection d’ici à 2015 semble désormais être devenue la priorité de l’ensemble de la classe politique européenne.