Décès du général Pierre Marie Gallois

Le Général Pierre-Marie Gallois, l'un des concepteurs de la doctrine de dissuasion nucléaire française, 

 est mort le mardi 24 août 2010 à l’âge de 99 ans.

 

Il venait de faire rééditer son livre de référence Stratégie de l’âge nucléaire 

 aux Editions François-Xavier de Guibert. Groupe DDB/Editions du Rocher

 

  

Le Général Gallois analyse avec beaucoup de clairvoyance les nouvelles lois de la stratégie et de la politique que l’armement atomique impose au monde entier. 

De Crécy à Hiroshima, durant six siècles, près de trois cents guerres ont divisé l'humanité, anéanti hommes et biens. Cette période correspond au monopole de la poudre et de l'armement conventionnel. Depuis Hiroshima, l'explosif nucléaire a été ajouté à la panoplie des moyens de destruction. Par l'ampleur même des ravages qu'elles pourraient exercer, les nouvelles armes ont bouleversé les conditions d'existence de l'humanité, créé un équilibre nouveau entre les peuples et imposé le non-recours à la guerre généralisée, les destructions qu'entraînerait un tel conflit apparaissant désormais hors de proportion avec le plus important des enjeux. Inutilisables, mais cependant redoutées en raison du risque exorbitant que l'on pourrait courir à en provoquer l'emploi, les nouvelles armes peuvent-elles garantir une certaine paix ?

Ou au contraire, en raison de l'horreur qu'elles inspirent, faut-il les supprimer mais retourner à l'ère de la poudre, des armes conventionnelles et, par conséquent, des guerres mondiales ou limitées ?

Avant de répondre à ces questions, il faut connaître les nouvelles lois de la stratégie et de la politique que l'armement atomique impose à l'humanité. 

Stratégie de l'âge nucléaire expose cette révolution technique et en précise les extraordinaires conséquences militaires et politiques. 

Pierre-Marie Gallois est d'abord l'un des principaux théoriciens français de la force de frappe. Sa carrière très composite a fait de lui à la fois un théoricien et un praticien de la stratégie. C'est un penseur, un écrivain, mais aussi un militaire qui a participé aux bombardements stratégiques sur l'Allemagne durant la seconde guerre mondiale. 

Il est entré dans l'armée de l'air "par la petite porte", en 1935, comme officier de réserve qui s'est ensuite fait activer. Alors qu'il se destinait à une autre carrière, l'architecture, il a choisi le métier militaire dans la perspective de la guerre qu'il voyait venir avec l'Allemagne. Affecté en Afrique du nord, il expérimente en 1937 ce que l'on appelle désormais le Close air support et que les Allemands mettront en oeuvre avec leurs Stukas. Après 1942, il rejoint le Bomber Command britannique, au sein de l'un des deux escadrons français de "lourds" et participent à une petite trentaine de missions de guerre, comme navigateur sur Halifax. Après la guerre, alors qu'il entame une carrière d'écrivain militaire, il est affecté dans des états-majors. Il est le rédacteur caché du plan aéronautique de 1950, qui permettra la renaissance militaire de l'aviation, puis sera l'un des précurseurs de la stratégie nucléaire au sein de l'Otan de 1953 à 1957. Il quitte brutalement l'armée de l'air en 1957, comme général "quart de place".

Engagé en politique, défenseur des idées souverainistes, le général Gallois a milité au côté de Jean-Pierre Chevènement, figurant sur la lise "L'autre politique" aux élections européennes de 1994.

Le Général Gallois, qui était toujours resté pro-serbe, s'était opposé à l'intervention européenne en Bosnie. Il avait joué un rôle déterminant mais très discret dans la libération des deux pilotes français, dont l'avion avait été abattu au dessus de la Bosnie en 1995. 

Commandeur de la Légion d'honneur, Croix de guerre 39-45 avec palmes, le Général Pierre-Marie Gallois, veuf, avait trois fils.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Groupe EUPHRATE : Conseils en Affaires - Stratégie de communication