Chopin

PROGRAMME DE CONCERTS

  • 20 juin 2010 à 17h

Janusz Olejniczak, piano Quatuor à cordes Dafô Frédéric Chopin Concerto pour piano n° 2 en fa mineur op. 21 Fantaisie sur des airs nationaux polonais en la majeur op. 13 Joanna Różewska, piano Frédéric Chopin Ballade n° 3 en la bémol majeur op. 47 Barcarolle en fa dièse majeur op. 60

  • 27 juin 2010 à 17h

Justyna Galant-Wojciechowska, piano Frédéric Chopin Boléro en do majeur op. 19 Valse n° 2 en do dièse mineur op. 64 Valse n° 1 en ré bémol majeur op. 64 Filip Wojciechowski, piano Frédéric Chopin Etude n° 1 en la bémol majeur op. 25 Etude n° 11 en la mineur op. 25 Polonaise en la bémol majeur op. 53 Justyna Galant-Wojciechowska, Filip Wojciechowski piano à quatre mains Frédéric Chopin Variations pour piano à quatre mains en ré majeur Rondeau pour deux pianos en do majeur op. 73

  • 4 juillet 2010 à 17h

Joanna Ławrynowicz, piano Frédéric Chopin Fantaisie Impromptu n° 4 en do dièse mineur op. 66 Deux Valses : n° 1 en la bémol majeur, n° 2, en si mineur, op. 69 Grande Valse brillante en mi bémol majeur op. 18 Andante spianato et Grande Polonaise brillante en mi bémol majeur op. 22

  • 11 juillet 2010 à 17h

Karolina Marchlewska, piano Frédéric Chopin Nocturne n° 3 en si majeur op. 9 Trois Mazurkas, en sol majeur, la bémol majeur, do dièse mineur, op. 50 Scherzo n° 2 en si bémol mineur op. 31 Ilya Rashkovskiy, piano Frédéric Chopin Sonate pour piano n° 3 en si mineur op. 58 Madoka Fukami, piano Frédéric Chopin Tarantelle op. 43 Six Préludes op. 28 Grande Valse en la bémol majeur op. 42 Ballade n° 4 en fa mineur op. 52

  • 18 juillet 2010 à 17h

Leszek Możdżer, piano Improvisations jazz sur des thèmes de Chopin 25 juillet 2010 à 17h Piotr Paleczny, piano Jacek Kaspszyk, direction Orchestre Sinfonia Varsovia Frédéric Chopin Concerto pour piano et orchestre n° 1 en mi mineur op. 11 Concerto pour piano et orchestre n° 2 en fa mineur op. 21 5

Varsovie et Paris

Varsovie et Paris - deux villes de Frédéric Chopin. La première l’a vu grandir comme artiste et la deuxième, acquérir la renommée de virtuose et grand compositeur. Deux villes liées aussi par ses dernières volontés - le cimetière du Père-Lachaise à Paris et l’église Sainte-Croix à Varsovie.

C’est pour cela que Varsovie veut accentuer d’une façon exceptionnelle cette union de deux capitales, deux villes les plus importantes dans la vie du célèbre compositeur polonais. Chaque été, le dimanche après-midi, des concerts Chopin ont lieu au pied de la statue de l’artiste dans le plus beau parc de Varsovie, le jardin royal de Łazienki. De même, pour célébrer le bicentenaire de sa naissance, cet été, les dimanches après-midi, nous organisons un cycle de concerts au jardin du Luxembourg où se situe un buste de Frédéric Chopin.

Durant six dimanches consécutifs de juin et juillet 2010, de grands pianistes polonais donneront des concerts pour les Parisiens mais aussi des touristes visitant la capitale française. Les airs de mazurkas, valses et polonaises les plus connus se feront entendre au milieu des fleurs, des arbres et des allées du jardin ; cette musique si polonaise et si universelle à la fois. Sinfonia Varsovia, l’orchestre polonais de renommée mondiale, clôturera ce cycle de concerts.

Une exposition d’affiches Chopin des collections du musée de l’affiche de Wilanów, réalisées par les meilleurs graphistes polonais, accompagnera ces concerts.

En vous adressant mes salutations les plus cordiales de Varsovie, je vous invite à ces rencontres avec la musique de Frédéric Chopin. Je suis convaincue qu’elles vous procureront des moments d’intenses émotions artistiques, mais aussi des moments de réflexions sur les valeurs universelles et humanistes de l’oeuvre de l’artiste.

Je vous invite aussi à visiter Varsovie et notamment les lieux liés à la vie du compositeur. Nous y avons préparé de nombreux événements culturels à l’occasion de l’Année Chopin.

Hanna Gronkiewicz-Waltz Présidente de Varsovie

Varsovie - Paris, villes de Chopin

La vie de Frédéric Chopin est liée à Varsovie et à Paris d’une façon exceptionnelle. Déjà en 1787, sous le règne de Stanislas Auguste Poniatowski, son père Nicolas Chopin, un jeune Français d’une quinzaine d’années, vint s’établir à Varsovie. Sa langue maternelle l’aida tout de suite à trouver une situation de précepteur des enfants de la comtesse Ludwika Skarbek à Żelazowa Wola. Il y rencontra sa future femme Justyna Krzyżanowska, et c’est là que naquit leur fils unique Frédéric. Dès qu’il eut sept mois, la famille déménagea à Varsovie. Frédéric y vécut pendant vingt ans. Varsovie modela sa personnalité : il y reçut son éducation, noua des amitiés solides, accomplis ses premières oeuvres. Il y vécut son premier amour de jeunesse et dû surmonter ses peines après la mort de sa soeur cadette, la petite Emilia. A vingt ans, il lui était difficile d’envisager de quitter la ville de sa jeunesse, mais la nécessité de quitter cette ville trop provinciale pour aller à la conquête des grandes villes européennes, telles que Vienne, Berlin, Paris, Londres, allait s’imposer.

Ce voyage devait l’amener via l’Allemagne et la France en Italie et en Angleterre, mais il s’arrêta à Paris, où finalement il y vécut le reste de sa vie.

Ainsi, Nicolas Chopin, venu de Lorraine, eut un fils en terre polonaise. Le destin conduisit Frédéric définitivement à Paris pour toute la seconde moitié de sa vie, alors qu’il n’y devait séjourner que peu de temps.

Varsovie

Frédéric grandit à Varsovie à l’époque du Royaume de Pologne, époque ressentie plus stable par les Polonais, après la période orageuse et inquiétante, emplie d’espoirs déçus, de l’époque napoléonienne.

Le théâtre national, situé place Krasioski, était le centre de la vie théâtrale et musicale de Varsovie. Le 24 février 1818 commença l’histoire de cet enfant prodige. Ce jour-là, le petit Frycek, âgé seulement de huit ans, donna son premier concert au palais du Gouverneur, le palais Namiestnikowski, devenu aujourd’hui le palais présidentiel. Cet enfant prodige, comparé à Mozart, devint une véritable sensation. Les Chopin recevaient les invitations des grandes familles aristocratiques qui désiraient voir et entendre ce petit garçon génial jouer, et même improviser, de la musique à l’occasion des bals, thés ou soirées musicales. Ainsi, Frédéric grandissait au sein de cette société aristocratique et mondaine, jouant des meilleurs instruments dans de somptueux salons. Ce goût de luxe et d’élégance l’accompagna durant toute sa vie. Parallèlement, il fut absorbé par l’atmosphère inquiétante de la situation politique et sociale : les désillusions d’une autonomie du Royaume de Pologne et la révolte des Varsoviens contre l’état policier de Novossiltsev, le vicegouverneur du tsar. Au café "Honoratka", rue Miodowa, emplis d’une épaisse fumée de tabac, il assista aux propos enflammés des jeunes exaltés conspirant contre l’autorité du pouvoir russe. Il participa activement à la vie musicale de la ville qui était marquée par la rivalité de deux grands compositeurs de l’époque Józef Elsner et Karol Kurpioski. Le jeune Chopin eut l’occasion d’entendre les concerts de célébrités, le violoniste italien Niccolò Paganini, le violoniste polonais Karol Lipioski, ou bien la cantatrice allemande Henriette Sontag.

La dernière année de son séjour au pays natal, il eut l’occasion de se présenter lui-même devant le public de Varsovie pour trois concerts, à la fois comme compositeur et interprète.

L’écho des révolutions et insurrections des villes européennes parvenant à Varsovie, le décida à partir à l’étranger. Ce fut le début de sa vie d’adulte. Il ne put jamais revenir à Varsovie qu’il aimait tant et qui en était si fière.

Paris

A l’automne 1831, Chopin arriva enfin à Paris. Il y rencontra plusieurs compatriotes se réfugiant en France après l’échec de l’Insurrection de novembre. Paris, du temps de Louis-Philippe, était plongé dans le chaos et l’instabilité après la révolution de juillet, déjouant un retour à l’absolutisme. Chopin observait l’ambiance de rues parisiennes et décrivait ses observations dans ses lettres :  "le vent m’a emporté ici, où l’on respire l’air doux, mais c’est peut-être parce que l’on reprend haleine librement, on respire à l’aise. A Paris, tu trouves tout ce que tu veux : tu peux t’amuser, t’ennuyer, rire, pleurer, tu peux faire tout ce qui te plait et personne ne te remarque, parce qu’ici des milliers de gens font de même et que chacun va son propre chemin. *…+". Paris, comparé à Varsovie, était une grande ville qui comptait presque un million d’habitants. La vie artistique se concentrait autour de trois théâtres lyriques de grand renom : l’académie royale de musique, l’opéra comique et le Théâtre italien, qui présentaient des chanteurs d’opéra de réputation mondiale. Les pianistes virtuoses, tels que Kalkbrenner et Herz, séduisaient le public parisien. C’était Friedrich Kalkbrenner, surnommé le roi du piano-forte, qui organisa le premier concert de Frédéric à la salle Pleyel, en février 1832, après l’avoir entendu. Ainsi, Chopin fut présenté à l’élite du monde de la musique de l’époque et son récital eut un grand succès. Bien que Paris ait ses virtuoses du piano, célèbres en Europe entière, le talent extraordinaire de Frédéric fut immédiatement considéré comme supérieur. Bientôt, les demandes de leçons de piano affluèrent des cercles de l’aristocratie française et polonaise. L’on disait que « c’était à la mode parmi les dames et demoiselles du monde parisien de se présenter comme élève de Chopin". Chopin se lia d’amitié avec d’autres jeunes musiciens surdoués : Liszt, Berlioz, Hiller, Mendelssohn, le fameux violoncelliste Franchomme et le célèbre peintre Delacroix. Mais le plus proche lui était le milieu polonais de la Grande émigration qui se réunissait à l’hôtel Lambert, le palais du prince Adam Jerzy Czartoryski. Frédéric participait aux réunions, réceptions amicales et il y jouait lors des fêtes de bienfaisance. De façon formelle, il n’appartenait pas au milieu de l’émigration, puisqu’il avait quitté la Pologne avant l’insurrection et n’avait pas participé à la lutte, mais consciemment, il choisit la situation d’émigré. Malgré les prières de son père, il ne s’était pas subordonné aux demandes du tsar qui désirait voir Frédéric comme musicien de la cour de Saint-Pétersbourg. Il se sentait lié avec les émigrés polonais et voulait partager leur destin. Ainsi, il devint réfugié politique et perdit à jamais la possibilité de retourner en Pologne.

L’oeuvre de Chopin

Dès son jeune âge, Frédéric Chopin, qui grandissait à cette époque difficile, après les partages de Pologne, prenait l’habitude des rencontres musicales en famille. Pendant ces soirées, sa mère s’asseyait au piano et chantait des chansons populaires d’un beau soprano, tandis que son père l’accompagnait à la flûte ou au violon. Cet esprit de transmission de la culture polonaise, sa littérature, ses traditions, par les aristocrates, la noblesse, la bourgeoisie et l’église joua un rôle particulier dans l’histoire de la Pologne.

Sa langue, ses moeurs, ses traditions permirent aux polonais de sauvegarder leur identité nationale pendant la longue période de cent vingt ans de dépendance aux empires de Russie, d’Autriche et du Royaume de Prusse. Sur ce fond historique, il est plus facile de comprendre la portée de la musique de Chopin. Les racines de l’oeuvre de Chopin se trouvent dans les traditions musicales polonaises. S’inspirant du folklore, elles revêtent un caractère national. Sa musique est l’un des symboles de la culture polonaise. Les autres sources de son oeuvre sont nombreuses. Dès son jeune âge, jouant du Bach et du Mozart, il développa, grâce à ce répertoire brillant, une virtuosité extraordinaire. Par sa formation classique, il eut une connaissance approfondie de l’harmonie et du contrepoint. De plus, il s’intéressait à l’opéra et à la musique sacrée, parallèlement aux chants traditionnels polonais. Mais sa source la plus fascinante était la musique populaire. Le compositeur se limitait au piano-forte, comme le moyen d’expression musicale le plus important. Bientôt, il délaissa les compositions classiques et s’orienta vers des genres purement romantiques, tels que les nocturnes, les danses traditionnelles (mazurkas, polonaises) et les études. Le caractère polonais de son oeuvre lui assura une renommée mondiale. Les polonaises - dignes et héroïques, les mazurkas - vibrantes du folklore, les krakowiaks si vives et les kujawiaks si nostalgiques, témoignent de la beauté des paysages, des traditions, mais aussi de l’histoire agitée de la Pologne. Chopin y exprima toute sa nostalgie pour son pays natal, qu’il ne put revoir. Il fut enterré au célèbre cimetière du Père-Lachaise à Paris, mais selon ses dernières volontés, son coeur revint à Varsovie, où il repose dans l’église de la Sainte-Croix. Varsovie et Paris sont ainsi symboliquement liées, ces deux villes qui marquèrent de façon remarquable la vie de Frédéric Chopin.

 

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