Conférence de Vientane sur les bombes a sous-munutions

Conférence de Vientiane sur les bombes a sous-munitions

  • Handicap International salue les engagements concrets des états 

La première conférence des états parties à la convention sur les armes à sous-munitions s’est achevée le 12 novembre 2010 par l’adoption à l’unanimité de la déclaration de Vientiane. Les états s’y engagent à traduire les obligations du traité en actions concrètes à réaliser dans un délai précis et accompagnées d’engagements budgétaires. Ce plan d’action contraint les états parties à accélérer leurs efforts pour la destruction des stocks et la dépollution et à renforcer l’assistance aux victimes. Handicap International se réjouit de voir les états s’engager fermement pour que les populations civiles qui vivent sous la menace permanente de ces armes puissent enfin retrouver une vie normale. Pays le plus pollué par les bombes à sous-munitions (BASM) au monde, le Laos, pays hôte de la conférence, est un criant exemple de l'urgence d'agir.

 

  • Un plan d’action pour changer la vie des victimes

Les 40 états parties présents à la conférence de Vientiane ont adopté aujourd’hui un plan d’action qui décline en 66 points leurs obligations pour les cinq années à venir. Les états se réuniront l’année prochaine au Liban, autre pays particulièrement affecté par ces armes. Ce sera l’occasion de vérifier que les états ont respecté les premières mesures de mise en œuvre.

  1. Ils doivent avoir identifié les zones touchées, développé un plan d’action et lancé les premières activités pour leur dépollution.
  2.  Les Etats doivent avoir désigné dans les six prochains mois un référent pour l’assistance aux victimes dans leur pays.
  3.  Handicap International entend être vigilante sur la réalisation de ces engagements.

"Le Traité d’Oslo a établi des obligations en termes d’assistance aux victimes d’un niveau sans précédent. Nous avons maintenant un plan d’action qui oblige les gouvernements à les traduire dans les plus brefs délais et avec des lignes budgétaires bien définies. C’est exactement ce que des victimes comme moi attendent de ce Traité, que notre situation évolue." explique Thoummy Silamphan, 22 ans, victime lao de sous-munition et membre du groupe des ‘Ban Advocates’ soutenu par Handicap International.

  • Une situation dramatique au Laos

Exemple tragique, mercredi 10 novembre 2010, l'explosion d'une sous-munition a tué une fillette et blessé sa sœur à quelques heures de Vientiane. "Malheureusement, ce n'est pas un cas inhabituel. En travaillant dans le secteur des mines et sous-munitions non explosées ici au Laos, nous sommes très souvent les témoins de ces catastrophes. Les victimes civiles innocentes paient encore trop souvent le lourd tribut des guerres passées. Transformons la colère que représente l'accident des deux jeunes laotiennes en énergie pour lutter sans cesse afin que disparaisse la dernière sous-munition et que cesse définitivement la menace", déclare Luc Delneuville, directeur du programme de Handicap International au Laos. Cet accident illustre malheureusement la situation dramatique du Laos, pays le plus pollué par les sous-munitions. Pendant la guerre du Vietnam, les Etats-Unis ont largué plus de 270 millions de sous-munitions sur le Laos, dont près d'un tiers n'a pas explosé. Elles continuent de polluer un quart des villages du pays. Selon le gouvernement du Laos, plus de 50 000 personnes ont été tuées ou blessées par un accident du à un reste explosif de guerre depuis 1964. Une situation d’autant plus inacceptable que les enfants représentent les premières victimes de ces armes. Entre 1979 et 2008, 60% des victimes civiles étaient de jeunes garçons.

  • Handicap international : intervenir au quotidien auprès des victimes

Depuis 1996, Handicap International est présente au Laos pour mener des actions de dépollution et d’éducation aux risques afin de réduire la menace des restes explosifs de guerre. Handicap International travaille notamment avec les familles impliquées dans la collecte du métal. Ce sont la plupart du temps les jeunes garçons qui récupèrent le métal dans les champs pour le revendre sur les marchés et ainsi contribuer aux revenus de la famille. Ce métal provient le plus souvent des restes de guerre, et hélas, de nombreux engins encore non explosés risquant d’entrainer des accidents lors de leur manipulation, pour un prix de revente dérisoire équivalent à quelques dollars. Handicap International propose des alternatives à ce commerce et aide les populations locales à développer d’autres sources de revenus

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