NICARAGUA : Elections le 6 novembre 2011

nicaragua.gifLe 6 novembre 2011, se sont près de 3 millions de citoyens nicaraguayens qui se rendront aux urnes pour élire leur nouveau président. Des élections législatives seront organisées en même temps afin de renouveler les députés de l'a’ssemblée nationale et les représentants du Nicaragua au parlement centraméricain -PARLACEN-.

 

Selon un dernier sondage pré-électoral publié à la mi-octobre 2011, l’'actuel président Daniel Ortega, candidat de l'’alliance "Uni, le Nicaragua triomphe" -Unida, Nicaragua Triunfa-, apparaitrait comme le candidat le mieux placé pour briguer la fonction de chef de l’'état, avec un score de plus de 58 % des suffrages. Il devancerait ainsi nettement son plus proche rival Fabio Gadea, à la tête de l’'union nationale de l’'espérance -UNE- construit sur la base du parti libéral indépendant -PLI- qui atteint seulement 16% des intentions de vote. 
L'ancien-chef du front sandiniste de libération nationale -FSLN- espère effectuer un deuxième mandat de cinq ans qui lui permettrait de poursuivre sa politique sociale, financée notamment par le Président Chavez. En effet, sa popularité auprès des nicaraguayens est principalement due aux réformes dans les domaines de l'’éducation, la santé ou encore la propriété foncière qui ont permis une amélioration globale des conditions de vie des citoyens. Toutefois, un second tour pourrait avoir lieu le 21 décembre 2011 s'’il n'’obtient pas la majorité le 6 novembre 2011. Fabio Gadea, quant à lui, propose d'instaurer "la révolution de l'honnêteté" et de mettre fin au clientélisme politique en matière d'emplois. 

De fait, la probable réélection de Daniel Ortega a suscité une vive montée des tensions sociales et politiques le mois dernier. En effet, les opposants à la politique du gouvernement ont régulièrement manifesté devant le siège du conseil suprême Electoral à Managua -Sud-ouest- pour dénoncer l’irrégularité de la candidature de l’'actuel président, n’hésitant pas à qualifier sa manœuvre juridique de "coup d'’état". En effet, le chef de l'état a présenté sa candidature en s'appuyant sur une décision très controversée datant de 2009 de la commission de la cour suprême du Nicaragua – composée uniquement de magistrats sandinistes au moment du vote–, qui avait renversé l'interdiction de solliciter un nouveau mandat, tel que stipulée dans l’article 147 de la constitution. 

Dès lors, un des enjeux du scrutin sera de garantir sa régularité grâce à la présence d’observateurs internationaux.En effet, certains secteurs de l'opposition et une partie de la société civile -religieux, entrepreneurs, groupes de citoyens- ont souligné la nécessité de rendre crédible le scrutin afin de préserver une certaine stabilité sociale. Les élections municipales de 2008 remportées par les sandinistes, ont en effet été vecteurs de troubles sociaux; les forces de l'’opposition ont massivement dénoncé des fraudes électorales.

Enfin, à l'’issue du scrutin, des manifestations d'’ampleur, pouvant être accompagnées de violences, ne peuvent être exclues, notamment dans le centre-ville de Managua; certains partis ont d’'ores et déjà appelé à manifester en cas d’irrégularité.

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