Argentine : Elections le 23 octobre 2011

argentine.gifLe second tour de l'’élection présidentielle se tient le 23 octobre 2011 en Argentine et déterminera qui de Cristina Kirchner -Parti justicialiste- ou de son plus proche rival, Hermes Binner -Frente Amplio Progresista- endossera les fonctions de président. Par ailleurs, des législatives seront organisées en même temps afin de renouveler 50% des députés et un 1/3 des sénateurs.

Toutefois, les résultats des élections primaires du 14 août 2011 laissent présager une victoire de l'’actuelle présidente avec plus de 50% des intentions de vote contre 12% pour le gouverneur socialiste de la province de Santa Fé, Hermes Binner. 

Péroniste de gauche au pouvoir depuis 2007, Cristina Kirchner, qui a d'’ailleurs choisi son ministre de l’'économie Amado Boudou comme futur vice-président, a l'’intention de poursuivre sa politique actuelle, à savoir une mainmise de l’'état sur l'’économie ainsi qu'’un protectionnisme fort. 
Cette continuité se justifie par le succès de la politique économique menée par Nestor Kirchner depuis 2003 permettant au pays d’'afficher une croissance encourageante avec un taux de chômage relativement bas. Dans ce contexte sociopolitique favorable, Cristina Kirchner devrait être reconduite à la tête de l'état jusqu’en 2015. Toutefois, au vu de la situation sécuritaire argentine qui tend à se dégrader, la pertinence de son programme pourrait être relativisée. Hermes Binner, qui prône un gouvernement fédéral et participatif, évoque les bienfaits de cette croissance mais souligne néanmoins les inégalités socio-économiques persistantes au sein de la population et l’augmentation constante de la délinquance et de la criminalité d’opportunité. 
En effet, en Argentine et plus particulièrement à Buenos Aires et sa périphérie, les enlèvements express contre rançon, vols et agressions sont en constante augmentation et certains quartiers de la capitale – autrefois considérés comme relativement sûrs – sont désormais plus largement affectés par la petite criminalité. De plus, des opérations de lutte contre le trafic de drogue sont régulièrement menées et mettent en exergue l’'ampleur du phénomène, longtemps sous-estimé par le gouvernement. Bien que l’'ensemble de la population soit favorable à sa réélection, un récent sondage a révélé que 80% des argentins souhaitent que Cristina Kirchner mette les moyens pour garantir plus de justice et combattre l’'insécurité. Ainsi, en dépit de la forte croissance économique que le pays connaît depuis 2003 et des mesures sociales mises en place, la recrudescence de la délinquance met en lumière les limites de la politique systématique de "non répression" de la présidente, particulièrement critiquée pour son inaction. Dès lors, et en cas de réélection, Cristina Kirchner devra placer la problématique de l'’insécurité comme axe prioritaire dans son agenda politique.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Groupe EUPHRATE : Conseils en Affaires - Stratégie de communication