La vigne en Amérique du Sud

Le vignoble ! La culture de celui-ci en Amérique Latine remonte aux « Conquistadors », et a été introduit au XVIe siècle par des missionnaires espagnols en Argentine, au Chili et au Pérou, ainsi qu’au Brésil par les jésuites portugais. Au Mexique, Hernan Cortès fit planter des vignes dans les fermes de la Nouvelle Espagne en Basse Californie dès 1520.

En Amérique du Sud, la vigne est plantée principalement dans les plaines au pied de la Cordillère des Andes : climat idéal, hivers pluvieux avec des étés chauds et secs, protection naturelle de la cordillère qui évite les vents humides du Pacifique.

Au XIXe siècle, les échanges se multiplient : de grands propriétaires terriens se rendent en Europe, des familles françaises et italiennes s’installent en Amérique du sud. De nombreux cépages français - Cabernet Sauvignon, Merlot, Chardonnay - sont importés, mais aussi Italiens, contribuant ainsi au grand développement de la vigne et des vins d’Amérique Latine. Mais sachez qu’il se fait du vin partout : Bolivie - Colombie –Equateur – Paraguay –Venezuela.

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Chili

Le Chili a été le premier pays de la région à cultiver la vigne. En 1548, les frères Francisco de Carabantes et Bartolomé importent des pieds de vigne au port de Concepción. En 1810 lors de l’indépendance du Chili, la culture s’intensifie. De grands propriétaires terriens, d’origine européenne, entreprennent des voyages en Europe pour connaître le berceau de leurs ancêtres et rapportent des cépages dont le Carménère, un cépage Bordelais presque oublié : la culture de la vigne prend son essor. La France fait partie des destinations favorites. C’est à cette époque que naissent les grands domaines - Carmen, Concha y Toro, Santa Rita, Santa Carolina dans la Vallée de Maipo et d’Errázuriz dans l’Aconcagua. Quelques grandes familles françaises s’installent au Chili, telles que les Rothschild et Marnier-Lapostolle, contribuant ainsi au développement de la production chilienne. En 2012 le Chili le 5e exportateur mondial en volume et 8e producteur mondial de vins.

Les 4 grandes zones viticoles du Chili sont situées dans la Vallée Centrale avec, du Nord au Sud, Aconcagua, Maipo, Rappel, Maulé. A souligner que plusieurs producteurs français sont devenus des opérateurs importants au Chili : Château Lafite-Rothschild, Bruno Prats du Château Cos d’Estournel et Paul Pontallier de Château Margaux.

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Argentine

En 1557, Juan Cedrón, originaire de l’Espagne, apporte les premiers plants donnant un vin rude et acide, peu apprécié. Rapidement les moines franciscains font venir d’Europe les meilleurs cépages. Mais ce n’est véritablement qu’à partir de la fin du XIXe siècle, avec l’arrivée massive d’immigrants italiens, espagnols et français que le vignoble se développe rapidement. Ces derniers s’installent sur les meilleures terres dans la région de Cuyo et dans les provinces de San Juan, La Rioja. Les provinces de Salta, Jujuy, Catamarca, Río Negro, Neuquén et Buenos Aires produisent aussi du raisin et du vin. Le cépage emblématique de l’Argentine est le Malbec, originaire de la région de Bordeaux en France, et introduit en 1868 par le français Jean Pouget. Les autres cépages présents sont principalement d’origine française : Cabernet Sauvignon, Merlot, Syrah, Chardonnay, ou d’origine italienne Bonarda, Sangiovese, Tokai du Frioul.

L’Argentine est le 1er producteur sud-américain et le 5e au niveau mondial. Sa production représente 4 fois celle du Chili. Traditionnellement les viticulteurs argentins ont privilégié la quantité et le pays consommait près de 90 % de sa production. Mais le besoin d’accroître les exportations ont été à la base d’une grande amélioration de la qualité. Les vins argentins commencèrent à s’exporter dès les années 1980 et surtout en 1990. Leur renommée est désormais mondiale.

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Pérou

Comme dans les autres pays d’Amérique du Sud, la vigne a été introduite par les Conquistadors espagnols, mais le Pérou est un pays atypique où la culture de la vigne semblait improbable : pris entre la Cordillère des Andes et les vents du Pacifique, le pays est plutôt désertique. Il y pleut très rarement, mais il abrite 58 oasis, et c’est dans l’une d’elle, dans la région d’Ica, que le principal vignoble Tacama s’est installé avec d’importantes exploitations. Cette région, au sud de Lima, est connue pour sa production de pisco, une eau de vie de raisin. Depuis les années 1980, le Pérou se bat avec le Chili qui tente de s’attribuer la paternité de cette boisson. En 1988 le gouvernement a proclamé le pisco "patrimoine culturel de la nation". Les cépages sont principalement français. Le Tannat et le Malbec sont ceux qui réussissent le mieux, et le domaine de Tacama produit des vins de classe internationale. La consommation des vins locaux reste marginale dans le pays en comparaison avec celle de la bière et du pisco. Les Péruviens apprécient particulièrement les vins doux et sucrés, qui constituent la majorité de la production et importe une grande partie de leur consommation.

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Brésil

Vers 1532, les portugais introduisent les premiers cépages dans la région de São Paulo. La culture se fait doucement : 100 ans plus tard, les jésuites apportent des cépages espagnols dans le Rio Grande do Sul. Au cours du XVIIIe siècle, des colons venus des Açores apportent à leur tour des boutures de vigne de Madère et donnent un nouvel essor au vignoble, mais aucune grande industrie viticole ne se développe. Ce n’est qu’à partir de 1970, que commence la production de vins de qualité, alors que plusieurs entreprises vinicoles européennes apportent savoir-faire et équipements modernes. De grands cépages sont importés, tels que le Chardonnay, le Sémillon et le Cabernet Sauvignon.

La principale région viticole se trouve dans l’Etat de Rio Grande do Sul, aux environ de Porto Alegre, la capitale. Les autres zones de viticulture sont situées dans la région de Minas Gerais à la frontière avec l’Uruguay, la Serra do Sudeste, et certaines zones dans les États de Santa Catarina et São Paulo. Le Brésil est le troisième producteur d’Amérique du Sud, après le Chili et l’Argentine.

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Mexique

On dit que les mexicains sont les plus anciens producteurs de vin des Amériques. La vigne sauvage existait avant l’arrivée des espagnols, les indigènes produisaient un raisin trop acide pour faire du vin, et le mélangeaient à des fruits sauvages et du miel.

La production du vin débute en 1524, avec l’arrivée du conquistador Hernan Cortes qui fait planter des vignes espagnoles. Arrivent les missionnaires qui s’installent en Basse Californie et plus précisément dans la Vallée de Guadalupe. Les vignes européennes s’adaptent si bien que la production est florissante. Comme dans les autres territoires conquis, pour protéger leur production, les Espagnols imposent un monopole, forçant les colons à arracher toutes les vignes au nord de Mexico. Il faut attendre l’Indépendance du pays en 1821, pour mettre fin à cette réglementation.

Une longue période de troubles politiques et une épidémie de phylloxéra freinent la production vinicole. Fin 1980, grâce à d’importants travaux, des investissements et la venue de techniciens étrangers, dont des Italiens, les exploitations viticoles produisent aujourd’hui des vins comparables à ceux d’autres pays, contribuant à la notoriété des vins du Mexique, qui accompagnent l’excellente cuisine mexicaine. Le Mexique exporte principalement ses vins aux Etats-Unis, premier acheteur, en Europe et au Japon.

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Uruguay

En 1825 depuis la fondation de l’Uruguay, ce dernier se consacre principalement à l’agriculture et à l’élevage. C’est au 19e siècle que la vigne y fut implantée grâce aux immigrants européens, et victime du philoxéra, il faudra attendre les années 1970 pour la voir prendre le chemin de la qualité. Et c’est la voie qu’à choisi l’Uruguay pour ses blancs issus de cépages Chardonnay et Sauvignon et pour ses rouges, issus en majorité de Tannat (50%), Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc & Merlot.

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